Soudan du Sud: à Jebel, le Conseil entend des appels “désespérés” pour la Force de protection

Écouter /

Samantha Power lors d’une conférence de presse à l’issue de la visite du Conseil de sécurité au site de protection des civils de l’ONU de Jebel, à Juba au Soudan du Sud.(Photo:MINUSS)

Lors de son deuxième jour de visite au Soudan du Sud samedi, la délégation du Conseil de sécurité s'est rendue dans le  site de protection de civils sur la base des Nations Unies de Jebel, à Juba.

Selon l'Ambassadrice des États-Unis, Samantha Power, qui co-préside la Mission avec l'Ambassadeur du Sénégal, Fodé Seck, cette visite ”extrêmement importante” était l'occasion de ”constater les conséquences humaines de l’incapacité des dirigeants politiques à ramener la paix dans leur pays’.

Quelque 200 000 personnes vivent dans des sites de protection des Nations Unies et des centaines de milliers d’autres ont fui le Soudan du Sud suite aux plus de deux ans de conflit dans le pays.

La délégation a pu rencontré des femmes qui ont décrit une augmentation dramatique des violences sexuelles à l'encontre des femmes qui quittent les camps de protection en quête de feu de bois ou de nourriture pour leurs familles.

"En tant que mère je ne peux pas m'imaginer d'avoir à prendre une telle décision – dois-je nourrir ma famille ou risquer de subir des violences sexuelles? Je sais que je prendrais le risqué, comme le ferait toute mère", a affirmé la diplomate américaine lors d'une conférence de presse à l'issue de la visite.

“Une grande partie des hommes ressentent ces camps de protection comme une sorte de prison "parce qu'ils ne se sentent pas en sécurité lorsqu'ils se rendent dans les rues et qu'il a des check points militaires” a-t-elle dit, ajoutant ”ils disent quils veulent qu'un terme soit mis à cette peine de prison et que le seul moyen d'y parvenir c'est que l'ONU monte à sa pleine puissance, que la Force de protection régionale est déployée, et que l'Accord de paix est mis en œuvre”.

”Pas une seule personne, pas un seul Sud Soudanais n'a envi de vivre dans ces sites de protection, chacun des individus a qui nous avons parlé nous a dit qu'il rentrerait chez lui dès que les conditions sécuritaires le permettraient”, a expliqué l'Ambassadrice.

“Nous avons entendus des appels désespérés pour le déploiement de cette Force régionale”, a affirmé Samantha Power, des appels que le Conseil compte transmettre au Président Salva Kiir lors de sa rencontre avec lui dimanche.

 

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

 

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
11/12/2017
Loading the player ...