RDC: situation très tendue à Kinshasa au deuxième jour des manifestations populaires

Écouter /

Des policiers tentant de maintenir l'ordre durant des manifestations à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, en 2015. Photo: MONUSCO (archives)

La situation reste toujours tendue dans la ville de Kinshasa ce mardi 20 septembre 2016 au lendemain des échauffourées qui ont fait au moins dix-sept morts à la suite d'un appel à la marche de l'opposition pour exiger la convocation du corps électoral en vue du scrutin présidentiel.

Les manifestations se sont poursuivies dans plusieurs quartiers de la capitale de la RDC. Dans les communes de Kimbaseke, quartier Kingasani, dans les communes de Lemba, Ngaba, Kalamu, Ngaliema des coups de feu sporadiques ont été entendus et des scènes de panique observées dans certains endroits notamment les communes de Ngaba et Kalamu au niveau entre Kapela et Bongolo où les policiers dispersaient les regroupements spontanés des jeunes.

La police affirme remettre de l'ordre dans les zones affectées par les violences de la veille pendant la marche de l'opposition.

Le commissaire provincial de la police, le général Célestin Kanyama s'est rendu tôt ce matin dans la commune de Kimbanseke pour, selon lui, calmer la tension entre ses éléments et les jeunes qui tentaient de manifester.

A l'Université de Kinshasa, plusieurs centaines d'étudiants regroupés sur le Mont Amba jusqu'au plateau des étudiants faisaient face aux policiers lourdement armés qui leur bloquaient le passage.

A l'ouest de Kinshasa, entre les carrefours appelés "DGC et pompage", les habitants qui voulaient se livrer aux actes de pillage, ont été vite dispersés par les éléments de la garde républicaine. Cette scène de panique a perturbé aussitôt les activités scolaires.

Dans la commune de Selembao, des coups de feu ont été entendus non loin de la prison centrale de Makala.

Difficile pour l'instant d'établir un bilan de ces tirs. Les quelques activités socio-économiques qui reprenaient timidement ce matin après les violences d'hier, ont vite fermé. Les quelques rares écoles qui avaient accueilli des élèves les ont renvoyés à la maison.

Lundi, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, avait exprimé sa profonde préoccupation concernant les affrontements à Kinshasa et dans plusieurs autres localités en RDC. Le chef de l’ONU avait « condamné la violence meurtrière dans la capitale et exhorté tous les dirigeants politiques concernés et leurs partisans à s’abstenir de tout autre acte de violence susceptible d’aggraver la situation.

Ban Ki-moon avait aussi appelé les autorités congolaises « à s’assurer que les forces de sécurité nationales exercent la plus grande retenue face aux manifestations ». Il avait également appelé tous les dirigeants politiques à résoudre leurs différends pacifiquement et par le dialogue.

(Correspondance de Gabriel Wamenya, Radio Okapi).

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...