RD Congo : le Conseil des droits de l'homme préoccupé par les violences de Kinshasa

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Les tragiques débordements consécutifs aux dernières manifestations politiques en République démocratique du Congo sont révélateurs de la fragilité du processus démocratique dans ce pays. Selon la Haut-Commissaire adjointe Kate Gilmore, ces violences de la semaine dernière dans la capitale congolaise obligeaient à prendre position.

« Les événements violents de la semaine dernière nous obligent à parler, fait remarquer Kate Gilmore. Il faut révéler la fragilité du processus démocratique dans le pays. Les violences de la semaine dernière et autres graves atteintes aux droits de l'homme soulignent la nécessité pour le Conseil des droits de l'homme et la communauté internationale de manière générale, de s'engager sans réserve, et de prendre des mesures courageuses pour prévenir à l'avenir de tels incidents. Le respect de la souveraineté n'est pas synonyme d'indifférence.

Les 19 et 20 septembre, au moins 53 personnes – dont quatre policiers et 49 civils – ont trouvé la mort lors d'affrontements à Kinshasa. Ces personnes sont mortes à coups de machettes, brûlées ou tuées par balles. Près de 127 civils ont été blessés par des membres des forces de police, de la Garde républicaine ou de l'armée congolaises. Des propriétés privées et publiques ont été visées. Les sièges de plusieurs partis politiques ont été attaqués et certains ont été incendiés »

La Haut-Commissaire adjointe a mis en garde les responsables politiques congolais sur ces tensions qui pourraient présager d'une crise d'une très grande ampleur dans ce pays.

Le Ministre de la justice et des droits humains de la République démocratique du Congo est, pour sa part, revenu sur ces pillages, ces incendies de bâtiments publics, ce viol collectif d'une fillette de 8 ans, ces hommes émasculés et d'autres graves atteintes à l'ordre public. A cet égard, Alexis THambwe-Mwamba a souligné que tous les prisonniers politiques figurant sur la liste de l'Union européenne ont été libérés. Pour les autres, « qui sont des pilleurs, des casseurs et des violeurs », ils feront l'objet de poursuites judiciaires.

Au sujet des préparatifs des futures échéances électorales, le Garde des sceaux congolais a insisté sur le délai de préparation pour la tenue d'élections crédibles, non sans rappeler que la commission électorale est en train de se pencher sur le calendrier électoral.

(Extrait sonore : Kate Gilmore, Haut-Commissaire adjointe de l'ONU aux droits de l'homme)

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19/10/2017
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