Méditerranée : Un an après la mort du jeune Alan Kurdi, le taux de noyade continue d'augmenter

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Des migrants repêchés dans le canal de Sicile (Photo: OIM/ Francesco Malavolta)

Il y a un an, le monde, bouleversé, découvrait la photographie du corps sans vie d'un enfant syrien de trois ans, Alan Kurdi, qui a péri avec des membres de sa famille, comme des centaines de milliers d’autres réfugiés, en essayant désespérément d’atteindre les côtes européennes. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime que, depuis la mort d’Alan, 4 176 personnes sont mortes ou portées disparues en Méditerranée, ce qui signifie qu'en moyenne, onze hommes, femmes ou enfants ont, en tentant la traversée, péri chaque jour au cours des douze derniers mois.

 

Au cours des huit premiers mois de 2016, quelque 281 740 personnes ont effectué la traversée de la Méditerranée. Le nombre de réfugiés et de migrants arrivant en Grèce a chuté de façon spectaculaire, passant de plus de 67.000 en janvier à 3 437 en août, suite à la mise en œuvre de la Déclaration de l’Union européenne-Turquie et de la fermeture de la voie de passage dite des Balkans. Le nombre d’arrivées en Italie, quant à lui, est resté plus ou moins constant, avec quelque 115.000 réfugiés et migrants débarquant en Italie à la fin du mois d'août, par rapport à 116.000 au cours de la même période l’an dernier.

 

Selon le HCR, le principal changement, cependant, a été le nombre de victimes. Jusqu’à présent cette année, une personne est morte pour chaque 42 traversées de l’Afrique du Nord vers l’Italie, par rapport à une pour 52 l'an dernier. Cela fait , qu'à ce jour, 2016 est l’année la plus meurtrière en Méditerranée centrale. Les chances de mourir durant la traversée entre la Libye et l’Italie sont dix fois plus élevées que lors de la traversée de la Turquie vers la Grèce.

 

L'agence onusienne estime que ces chiffres soulignent le besoin urgent pour les Etats d’augmenter les voies d’admission des réfugiés, telles que la réinstallation, le parrainage privé, le regroupement familial et des programmes de bourses d’études, entre autres, afin de ne pas avoir recours à des voyages dangereux et à l’utilisation de passeurs.

 

La mort d’Alan Kurdi a donné lieu à des expressions sans précédent de sympathie et de solidarité envers les réfugiés en provenance de toute l’Europe, avec beaucoup d'offres de spontanées bénévolat afin d'aider et distribuer de la nourriture, de l’eau et des vêtements aux réfugiés et même d'offres d'hébergement. Pour documenter et mettre en évidence certains de ces actes individuels de solidarité, le HCR et le photographe Aubrey Wade ont développé une série de portraits de familles qui accueillent des réfugiés en Autriche, en Allemagne et en Suède.

 

L’arrivée de plus d’un million de réfugiés et de migrants en Europe l’an dernier a également suscité une certaine hostilité et des tensions au sein des sociétés qui les accueillent. Les réfugiés et les migrants ont souffert d'attaques racistes et xénophobes, de préjugés et de discrimination. Le défi permanent pour l’Europe est de rendre disponible le support et les services dont les réfugiés ont besoin afin de pouvoir s'intégrer et de pouvoir contribuer pleinement à la société – tout en apportant de nouvelles compétences, en faisant preuve de détermination et en partageant leur richesse culturelle.

 

Dans le cadre de ces efforts, le HCR encourage vivement les gouvernements et leurs partenaires nationaux à s'engager dans l’élaboration et à la mise en œuvre de plans d’intégration nationaux complets. Les nombreuses contributions que les réfugiés apportent à leurs nouvelles sociétés doivent être reconnues. Le HCR appelle également à un engagement clair en faveur de la prévention de la discrimination, de la promotion de l’inclusion, de lutte contre le racisme et de la xénophobie.

(Extrait sonore : William Spindler, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés)

 

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15/12/2017
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