Mali : les parties appelées à mettre rapidement en œuvre l’Accord de paix

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Le Ministre des affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, et le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, lors d’un point de presse commun le vendredi 23 septembre 2016. (Crédit photo : ONU/Kim Haughton

Ce vendredi, 23 septembre 2016, les Nations Unies ont accueilli une réunion ministérielle sur la mise en œuvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. La réunion a été ouverte par le Président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta et le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon. Le ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de l'Algérie, Ramtane Lamamra et le ministre des Affaires étrangères et du Développement international de la France, Jean-Marc Ayrault étaient également présents et ont prononcé une allocution.

À la suite de la séance d'ouverture, la rencontre a été co-présidée par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et de l'Intégration africaine du Mali, S.E.M. Abdoulaye Diop, le ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de l'Algérie, Ramtane Lamamra, ainsi que le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous. L'événement a rassemblé les membres de la médiation internationale (Algérie, Burkina Faso, Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), Mauritanie, Nations Unies, Niger, Organisation de la Coopération islamique, Tchad, Union Africaine et Union européenne) et les membres du Conseil de sécurité. Les pays contributeurs de contingents et d’effectifs de police à la MINUSMA ont également assisté à la rencontre.

De cette réunion, il ressort que les participants ont condamné les récentes violations du cessez-le-feu par les groupes armés signataires, les violations des droits de l'homme, ainsi que les entraves à l'accès humanitaire, notamment au regard des évènements tragiques dans la zone de Kidal.

Les participants ont exhorté les parties signataires à mettre pleinement et sincèrement en œuvre l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Ils ont aussi rappelé les dispositions de la résolution 2295 (2016) par lesquels le Conseil de sécurité s'est déclaré prêt à prendre des sanctions ciblées contre ceux qui entraveraient la mise en œuvre de l'Accord. A cet égard, ils ont exprimé leur profonde préoccupation face au manque de confiance et de vision commune pour la paix parmi les parties signataires et aux autres défis, y compris les progrès limitées dans l'application de mesures de confiance et dans le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration des combattants armés, qui continuent d'entraver les progrès et à retarder la mise en œuvre de l'Accord. Ils ont exhorté la Plateforme et la Coordination à adhérer strictement aux dispositions du cessez-le-feu et à résoudre leurs différends par le biais du dialogue et dans le cadre des structures prévues par l'Accord.

Les participants ont exhorté le Gouvernement du Mali et les parties signataires à traduire leurs engagements en actions immédiates à travers des mesures concrètes conformément à leurs obligations en vertu de l'Accord. Plus particulièrement, les parties signataires ont été invitées à prendre des actions urgentes pour la mise en œuvre des dispositions de l'Accord relatives aux questions de défense et de sécurité, à la mise place des autorités intérimaires, au rétablissement et à l’extension graduels de l’autorité de l’État, y compris des services sociaux de base, ainsi que de celles liées à la responsabilité, à la vérité et à la réconciliation. Les participants ont exigé des parties signataires qu'elles mettent en place sans délai les structures du Mécanisme opérationnel de coordination. A cet égard, les participants ont pris note des résultats de la session du Comité de suivi de l’Accord (CSA) du 21 septembre, y compris la remise des listes partielles par les groupes armés signataires, qui constitue un premier pas dans cette direction. Les participants ont également demandé au Gouvernement du Mali et aux parties signataires de s'entendre rapidement sur un échéancier et des objectifs prioritaires à atteindre dans la mise en œuvre de l'Accord. Le Gouvernement du Mali a rendu compte des progrès significatifs réalisés, avec le soutien de la MINUSMA, pour parvenir à un chronogramme de mise en œuvre actualisé et des indicateurs de progrès pour la mise en œuvre de l'Accord, conformément aux dispositions de la résolution 2295 (2016) du Conseil de sécurité des Nations Unies. Les participants ont rappelé que ces avancées devront être présentées dans le rapport du Secrétaire général sur la situation au Mali prévu en décembre 2016.

De son côté, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé vendredi toutes les parties concernées à mettre rapidement en œuvre l’Accord de paix et de réconciliation au Mali.

« J’appelle les groupes armés à cesser de provoquer des confrontations et toutes les parties à laisser de côté leurs intérêts à court terme et à mettre en œuvre l’accord de paix », a-t-il déclaré lors d’une réunion ministérielle sur cet accord, organisée en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

« La promotion de la paix et de la stabilité au Mali est primordiale pour son peuple, pour la région et pour notre monde », a affirmé M. Ban. Malgré certaines avancées depuis la signature de l’Accord de paix, « les progrès sont fragiles » et l’on assiste encore à « des confrontations et à des violations du cessez-le-feu », a-t-il dit.

« L’insécurité affecte l’accès aux populations, notamment à près d’un demi-million de personnes qui ont besoin d’une aide alimentaire immédiate, dont 180.000 enfants menacés de grave malnutrition », a souligné le chef de l’ONU.

Il s’est également dit « très inquiet des nouvelles sources d’instabilité au Mali, de l’impact du terrorisme sur la vie civile et des nombreux cas de violation des droits de l’homme ». Toutes les parties, a-t-il insisté, doivent « se conformer à leurs obligations en matière de droits de l’homme, y compris lors d’opérations anti-terroristes » car « les violations font le jeu des terroristes ».

M. Ban a appelé à faire en sorte que les dialogues devant permettre de dessiner les futures institutions du Mali soient « sans exclusives ». « Tous les segments de la société devraient y participer, y compris les femmes, les jeunes, les groupes d’opposition, ainsi que les dirigeants religieux et communautaires », a-t-il précisé. Il a espéré que la prochaine Conférence d’entente nationale « reflète cet esprit d’inclusivité ».

(Extrait sonore : Abdoulaye Diop, Ministre des affaires étrangères du Mali)

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20/10/2017
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