Lutte contre la faim : des progrès mais une mobilisation est nécessaire pour une élimination complète, selon l'ONU

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Un enfant est pesé dans un centre d'alimentation thérapeutique soutenu par l'UNICEF dans un hôpital au Malawi. Photo UNICEF/Sebastian Rich

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est félicité jeudi du recul de la faim dans le monde, tout en appelant à la mobilisation pour son élimination totale, l’un des principaux objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030 adopté l’an dernier par la communauté mondiale.

Rappelant qu’il avait lancé en 2012 à Rio de Janeiro un Défi pour en finir avec la faim (Zero Hunger Challenge), M. Ban a souligné que depuis lors, le nombre des personnes sous-alimentées dans le monde avait diminué de 70 millions.

Mais, a-t-il ajouté, « il est inacceptable que, dans un monde d’abondance, près de 800 millions de personnes souffrent toujours de la faim ». « Ceci représente un échec moral et politique », a-t-il dit.

Toutefois, avec le Programme de développement à l’horizon 2030, le monde a l’occasion d’en finir avec ce fléau, a-t-il affirmé. « Notre objectif est de transformer l’agriculture et les systèmes alimentaires pour apporter la prospérité dans les zones rurales et mettre fin à la pauvreté ; de mettre l’agriculture au cœur de la réponse aux changements climatiques et de construire des sociétés pacifiques sur la base de la sécurité alimentaire ».

Aujourd’hui par exemple, a relevé M. Ban, la résolution du problème du gaspillage de nourriture est devenue « une cause mondiale ».

M. Ban, dont le mandat à la tête de l’ONU s’achève à la fin de l’année, a chargé les trois agences de l’Organisation basées à Rome – l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FOA), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) – de prendre le relais du Défi pour en finir avec la faim.

Ce Défi offre une plateforme pour accélérer l’action à l’échelle mondiale, en réunissant toutes les parties prenantes pour souligner l’importance de l’établissement de systèmes agricoles et alimentaires inclusifs, productifs, durables et résilients, afin de réussir à atteindre l’objectif du Programme 2030.

En acceptant le Défi, le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, a déclaré : « Il fut un temps où la sécurité alimentaire, la nutrition, les moyens d’existence ruraux et l’agriculture durable étaient considérés comme des domaines distincts, relevant de la responsabilité d’acteurs différents. Le succès du Défi, lancé au Brésil et adopté et adapté dans de nombreux pays du monde, démontre que ces questions doivent être traitées ensemble, dans un vaste effort mobilisant les gouvernements, les institutions internationales, les agriculteurs individuels, la société civile et le secteur privé ».

De son côté, le président du FIDA, Kanayo Nwanze, a affirmé qu’il était possible de parvenir à en finir avec la faim. « Mais seulement si nous concentrons nos efforts sur les pays en développement où vivent la plupart des pauvres et des personnes souffrant de malnutrition ».

(Extrait sonore : Mise en perspective par Jérôme Longué)

 

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12/12/2017
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