L'ONU appelle à améliorer l'autonomisation des réfugiés en matière de sécurité alimentaire

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Vue du camp de réfugiés de Za'atari, en Jordanie, qui abrite des milliers de réfugiés syriens. Photo : UNHCR / C. Herwig

Lors d’un événement sur la sécurité alimentaire organisé en marge du Sommet sur les réfugiés et les migrants, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a appelé lundi les gouvernements, la société civile et les milieux d’affaires à aider les réfugiés à assumer une plus grande responsabilité dans la sécurisation de leurs besoins alimentaires et nutritionnels afin qu’ils puissent recouvrir leur dignité.

« Nous avons une obligation morale d’aider. Tel est l’esprit de la Convention sur les réfugiés de 1951 », a dit le chef de l’ONU pour qui le sommet réaffirme cet « engagement intemporel » alors que la plupart des millions de réfugiés dans le monde sont en situation d’insécurité alimentaire et font face à de graves risques de malnutrition.

Pour M. Ban, les réfugiés méritent des moyens de subsistance durables. « Voilà pourquoi je parle pour leur droit à l’accès à la terre et aux services financiers. Et les réfugiés méritent la liberté de mouvement », a-t-il déclaré. « Il s’agit là de fondamentaux pour gagner sa vie ».

Lors de cette discussion consacrée à la sécurité alimentaire et à la dignité des réfugiés, la Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM), Ertharin Cousin, a considéré qu’il était temps de passer d’un modèle consistant à sauver des vies à celui permettant de construire des vies.

Evoquant sa visite du camp de réfugiés syriens de Za'atari en Jordanie, Mme Cousin a décrit des hommes en colère. « Ils étaient commerçants, agriculteurs, tenaient des magasins avant de vivre dans le camp et l’un d’entre eux m’a montré un morceau de pain en me disant : ‘Ce n’est pas notre pain que nous mangeons. C’est du pain jordanien. Ce n’est pas du pain syrien’. Je lui ai demandé : ‘Que faisiez-vous avant ?’ et il m’a répondu : ‘Avant j’étais boulanger’.

La Directrice exécutive a alors expliqué comment le PAM a commencé à utiliser les boulangers à l’intérieur du camp pour l’aider à faire du pain. « Nous leur donnions des moyens de subsistances, ils nous donnaient le bon pain pour les réfugiés. Mais surtout, nous leur donnions la dignité afin qu’ils ne restent pas juste assis », a-t-elle souligné.

Le Secrétaire général a par ailleurs salué l’accord des Etats de partager plus équitablement la responsabilité de l’accueil et du soutien des réfugiés dans le monde. « Ils ont identifié des secteurs clés pour sauver des vies – y compris la nourriture. Et ils ont accepté de mobiliser des ressources pour couvrir les besoins humanitaires », a-t-il précisé.

M. Ban a particulièrement salué l’accent mis sur l’acheminement de l’aide aux réfugiés à travers des communautés d’accueil et l’utilisation des connaissances et des capacités locales. « Ces communautés d’accueil sont en première ligne – et elles doivent recevoir un soutien mondial de premier plan », a-t-il dit.

« Je suis allé dans de nombreux pays d’accueil. J’ai vu leurs efforts pour fournir des besoins alimentaires et nutritionnels aux réfugiés », a déclaré le Secrétaire général. « Je salue cette solidarité. Elle sauve des vies, soulage les souffrances et – à long terme – la solidarité profite aux réfugiés et à leurs communautés hôtes”.

(Extrait sonore : mise en perspective par Jérôme Longué)

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18/10/2017
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