Le trafic d'êtres humains est fortement lié aux flux migratoires, selon l'ONU

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Une jeune femme issue d'une communauté de pêcheurs au Bengale occidental en Inde orientale. Elle vient d'un village connu pour ses niveaux élevés de traite des femmes et des filles en direction de grandes villes. Photo : ONU Femmes / Anindit Roy-Chowdhury

Le trafic d’êtres humains suit généralement les courants migratoires, a déclaré jeudi un haut responsable de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) s’appuyant sur les conclusions d’un rapport à paraître en novembre.

« Environ 60% des victimes de trafic d’êtres humains dans le monde sont étrangères aux pays où elles ont été détectées », a dit le Directeur de la Division des traités de l’ONUDC, John Brandolino, lors d’une réunion à New York faisant suite au Sommet des Nations Unies consacré aux larges mouvements de réfugiés et de migrants. « La plupart d’entre elles sont des migrants ».

Le Rapport mondial 2016 de l’ONUDC sur le trafic d’êtres humains fait état d’une détection croissante de victimes originaires de pays touchés par des conflits tels que la Syrie, l’Iraq et la Somalie dans des pays d’Europe, d’Asie et du Moyen-Orient. Il souligne également la « vulnérabilité continue » des femmes et enfants qui représentent 79% des victimes de trafic d’êtres humains identifiées.

M. Brandolino a indiqué que le rapport du Coordonnateur de l’Union européenne pour la lutte contre le trafic d’êtres humains parvenait aux mêmes conclusions que l’ONUDC soulignant que le trafic des enfants est exacerbé par la crise migratoire actuelle. « Un nombre important de ces enfants voyagent seuls, ce qui fait d’eux des cibles préférées pour les trafiquants », a-t-il dit.

Pour le représentant de l’ONUDC, le Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, est « la pierre angulaire » de la réponse à cette crise.

« Le Protocole est l’un des traités les plus réussis dans le droit international moderne et bénéficie d’une des trajectoires les plus rapides pour sa ratification et approche bientôt son universalité », a déclaré M. Brandolino rappelant qu’il a été ratifié par près de 90% des Etats et que près de 85% des Etats parties ont criminalisé le trafic des êtres humains dans leurs législations nationales. « La définition du trafic d’êtres humains est l’un des aspects le plus fort et le plus innovant du Protocole », a-t-il ajouté, précisant qu’il établit une liste minimum non exhaustive des formes d’exploitation humaine les plus courantes.

L’ONUDC fournit un appui législatif aux Etats membres pour leur permettre de développer des lois conformes au Protocole. L’agence onusienne basée à Vienne a ainsi aidé Cabo-Verde et le Tchad à adopter une nouvelle législation sur le trafic des êtres humains, le Niger dans la conception d’une loi pour lutter contre le trafic des migrants et le Viet Nam dans la révision du code pénal.

« L’une des conclusions du Rapport mondial 2016 de l’ONUDC sur le trafic des êtres humains est la corrélation entre le temps qui s’est écoulé depuis la ratification du Protocole par un pays et le nombre de procédures criminelles qui en découlent », a souligné M. Brandolino, qui a rappelé aux Etats membres la disponibilité de l’ONUDC pour les aider à faire appliquer le Protocole.

(Extrait sonore : Mise en perspective par Jérôme Longué)

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16/10/2017
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