Genève : le Conseil des droits de l'homme affiche son soutien à la RCA

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L'Experte indépendante sur la situation des droits de l'homme en République Centrafricaine, Marie-Thérèse Keita Bocoum. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

La délégation centrafricaine a reconnu qu'il existait encore des poches d'insécurité en Centrafrique et pour qu'il y ait une accalmie totale, il faudrait, outre la volonté politique des nouvelles autorités que la RCA continue à être soutenue par la communauté internationale. Tel est le message de Bangui lors de l'examen de son rapport au Conseil des droits de l'homme à Genève.

Mais pour l'Experte indépendante sur la situation des droits de l'homme en République centrafricaine, les défis à relever restant gigantesques, les attentes doivent donc rester réalistes. Une façon de rappeler que le retour de la sécurité est une condition indispensable à l'apaisement des craintes et des tensions qui persistent encore en RCA.

 

Les populations civiles continuent de payer le prix fort des conflits et de l'insécurité en République centrafricaine. Au Conseil des droits de l'homme ce mercredi à Genève, l'Experte indépendante de l'ONU sur la situation des droits humains en RCA s'est ainsi inquiétée des tensions de ces derniers jours au centre du pays. A en croire Marie-Thérèse Keita Bocoum, les affrontements du 17 septembre entre  anti-Balaka et ex-Séléka à Ndomete puis à Kaga Bandoro auraient causés la mort d'au moins six civils. Et pour l'experte onusienne, le retour à la sécurité reste une condition indispensable à l'apaisement des craintes et des tensions qui persistent en Centrafrique.

Dans ces conditions, si ce pays a réussi sa transition avec le soutien de la communauté internationale, Marie-Thérèse Keita Bocoum s'est faite l'avocate de Bangui avec la mise en œuvre de programmes pour une paix durable en RCA.  « La MINUSCA, dont le mandat vient d'être renouvelé, a la tâche essentielle de protéger les populations civiles des nombreux groupes armés criminels qui continuent d'opérer dans le pays, fait remarquer Marie-Thérèse Keita Bocoum. Le Gouvernement doit aussi lui montrer sa détermination à mettre en œuvre ses priorités, que sont la réforme du secteur de la sécurité, la restauration de l'autorité de l'État sur le territoire, le programme de DDRR, la réconciliation nationale, l'instauration de l'ordre public et de la justice ».

A cet égard, le Représentant permanent de la RCA à Genève a réitéré son appel pour un Plan Marshall même s'il reconnait qu'à ce jour, cela reste un vœu pieux. Selon l'Ambassadeur Léopold Samba, « la démocratie et partant la bonne gouvernance tant souhaitée et exigée ne font pas bon ménage avec la pauvreté ni avec l'insécurité, encore moins avec un Etat qui n'a pas les moyens de sa politique ».

Les pays membres du Conseil des droits de l'homme présents au Palais des Nations ont donc les yeux rivés sur Bruxelles où doit se tenir en novembre prochain une conférence des donateurs. Occasion pour la communauté internationale d'apporter son soutien au renouveau de la RCA, avec comme chantiers prioritaires, la Restauration de l'autorité de l'Etat, la réconciliation nationale, la mise en place d'une Cour pénale spéciale, le financement de la réforme du secteur de la sécurité et des programmes de désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement des membres des groupes armés centrafricains.

Correspondance d'Alpha Diallo à Genève, pour la Radio des Nations Unies

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18/10/2017
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