En visite au Sri Lanka, Ban Ki-moon salue les réformes engagées pour surmonter les horreurs du passé

Écouter /

Le Secrétaire général Ban Ki-moon (à gauche) avec Reginal Cooray, le gouverneur de la Province du Nord, au Sri Lanka. Photo ONU/Eskinder Debebe

En visite au Sri Lanka, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a salué vendredi les efforts du nouveau gouvernement arrivé au pouvoir en janvier 2016 pour mettre en œuvre des réformes destinées à surmonter les horreurs du passé et réconcilier un pays divisé.

« Je félicite le gouvernement et le peuple du Sri Lanka pour les progrès réalisés. Il reste beaucoup de travail à faire, mais vous avancez avec détermination sur une voie nouvelle », a dit M. Ban dans un discours à Colombo.

Le nouveau gouvernement dirigé par le Président Maithripala Sirisena a pris ses fonctions le 8 janvier. « Il a défini un programme de réforme ambitieux et a fait des progrès significatifs dans sa mise en œuvre », s’est félicité le chef de l’ONU. « Les habitants de Sri Lanka ont voté pour la bonne gouvernance, les réformes, la fin de l’impunité et des abus de pouvoir, et la restauration de l’état de droit ».

Ban Ki-moon a en particulier salué l’adoption du 19ème amendement constitutionnel et de la loi sur le droit à l’information.

« Je salue vos efforts pour aller de l’avant en matière de justice transitionnelle et de réforme constitutionnelle. Je salue également les étapes symboliques que vous avez prises, y compris la décision de chanter l’hymne national en cinghalais et en tamoul lors de la Journée de l’indépendance en février dernier pour la première fois depuis les années 1950 », a-t-il souligné. « Ces décisions ont développé la confiance et renforcé la transparence et la responsabilité ».

Le Secrétaire général a toutefois estimé qu’il fallait faire plus pour surmonter l’héritage du passé et reconnaître les voix des victimes.

« Il y a encore beaucoup de travail à faire pour corriger les erreurs du passé et rétablir la légitimité et la responsabilité des institutions clés, en particulier le système judiciaire et les services de sécurité », a-t-il dit. Il a salué les efforts du gouvernement pour rétablir la crédibilité et l’indépendance de la Commission des droits de l’homme mais a jugé nécessaire que cette commission dispose des ressources et du respect nécessaires pour mener à bien son travail de manière efficace.

Il a également invité les autorités à accélérer la restitution des terres afin que les communautés de personnes déplacées puissent rentrer chez elles et à réduire la taille de la force militaire dans le nord et l’est du pays pour renforcer la confiance et réduire les tensions.

« La guerre civile qui a duré des décennies a été marquée par de terribles violence, le terrorisme, l’utilisation de boucliers humains et d’autres violations graves des droits de l’homme et du droit humanitaire », a rappelé M. Ban. « La guerre a pris fin – incontestablement une bonne chose pour le Sri Lanka, la région et le monde. Mais nous savons aussi que, même lorsque cette guerre a pris fin, le prix a été élevé ».

Il a noté que les Sri-Lankais étaient engagés dans un processus de vérité et de réconciliation et que les Nations Unies avaient mené également un exercice d’autocritique.

« Le Sri Lanka nous a appris beaucoup de leçons importantes. S’appuyant sur celles-ci, les Nations Unies ont pris des mesures de grande envergure pour renforcer nos efforts en matière de droits de l’homme, en particulier pendant les périodes de crise politique et humanitaire », a-t-il souligné, prenant pour exemple l’initiative Human Rights up Front, qui vise à attirer l’attention sur les violations des droits humains avant qu’elles ne dégénèrent pour atteindre un point de non-retour.

(Extrait sonore : Mise en perspective par Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
16/10/2017
Loading the player ...