Dialogue sur la Syrie : la France réaffirme sa volonté de lutter contre l'impunité

Écouter /

Élisabeth Laurin, Représentante permanente de la France auprès des Nations Unies à Genève (Photo : ONU)

Dans le cadre des travaux de la 33ème session, le Conseil des droits de l'homme a organisé, ce lundi, à Genève, un dialogue interactif avec la Commission d'enquête internationale pour la Syrie. Dialogue auquel ont pris part de nombreux pays notamment, la France qui, par la voix de sa Représentante permanente à Genève, Élisabeth Laurin, a réaffirmé la volonté de lutter contre l'impunité.

Lors de son intervention, la Représentante permanente a déploré que le droit international des droits de l'homme et le droit international humanitaire continuent d'être massivement bafoués en Syrie, en toute impunité, avec un bilan humain qui ne cesse de s'alourdir, au moins 400 000 morts d'après les Nations Unies. « Les attaques visant directement ou de manière indiscriminée les civils se poursuivent. Les sièges humanitaires sont maintenus, pour lesquels le régime syrien porte une responsabilité écrasante », a déclaré Élisabeth Laurin.

La diplomate française a fait observer que toutes les parties au conflit commettent des crimes, en fait valoir que son pays les condamne sans équivoque, quels qu'en soient les auteurs. « A la tyrannie du régime qui assiège, affame et bombarde sa population depuis plus de cinq ans, s'ajoute la barbarie sans nom de Daech. Mais les crimes du groupe terroriste ne doivent pas nous faire oublier la responsabilité du régime syrien, qui est le premier responsable des violations des droits de l'Homme commises dans le pays : disparitions forcées, usage de la torture, notamment dans les centres de détention, comme en attestent les photos du rapport César ; violences sexuelles, utilisation d'armes chimiques, au mépris du droit international », a déclaré la Représentante permanente.

Face à une telle situation, Élisabeth Laurin a exhorté la communauté internationale à agir avec fermeté. Elle a indiqué que la France poursuit, pour sa part, sa mobilisation. Elle continue de plaider pour un accès humanitaire sans entrave à toutes les populations dans le besoin et pour un arrêt des attaques visant les civils. Il importe, par ailleurs, de renforcer nos efforts de lutte contre l'impunité. A titre national, la justice française est saisie du rapport César pour crimes contre l'Humanité, enlèvements et torture.

La France encourage les efforts des autres juridictions nationales. Il convient que la commission d'enquête poursuive sa collaboration avec ces juridictions. Il est par ailleurs indispensable que votre travail débouche, à terme, sur la saisine de la justice internationale. « Qui peut croire en une paix durable en Syrie si les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l'Humanité ne sont pas poursuivis »?, a déclaré la Représentante permanente. C'est pourquoi la France continuera à demander à ce que le Conseil de sécurité saisisse la Cour pénale internationale.

En parallèle, il est plus que jamais urgent de relancer le processus politique pour engager une transition crédible en Syrie, dans le cadre fixé par la résolution 2254. C'est l'une des conditions pour que le nouvel accord russo-américain de cessation des hostilités, dont le contenu reste encore flou, ouvre cette fois la porte à la fin du martyre de la population syrienne. Ce processus politique ne doit pas mener à écarter la responsabilité des criminels de guerre et contre l'Humanité. Seule une solution politique juste permettra de mettre un terme au conflit.

(Extrait sonore : Élisabeth Laurin, Représentante permanente de la France auprès des Nations Unies à Genève)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...