Cambodge: l'ONU dénonce l'atmosphère d'intimidation visant l'opposition

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La ville de Phnom Penh, au Cambodge en octobre 2015 (archives). Photo ONU Femmes Cambodge/Mariken B. Harbitz

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est déclaré mardi très préoccupé par l’atmosphère croissante d’intimidation visant des opposants politiques, leurs partisans, la société civile et des manifestants pacifiques au Cambodge.

« Au cours des derniers jours, une démonstration de force a été menée par l’armée au siège du principal parti d’opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC). Cette intervention, ainsi que les propos de hauts responsables de l’armée qui ont juré de défendre le parti au pouvoir contre l’opposition politique, est très inquiétante », a déclaré une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, lors d’un point de presse à Genève. « Nous rappelons au gouvernement qu’il a l’obligation de prendre des mesures pour assurer la sécurité de tous les Cambodgiens, en particulier des personnalités politiques de l’opposition ».

Selon la porte-parole, le président par intérim du PSNC, Kem Sokha, doit comparaître devant le tribunal vendredi pour avoir refusé de comparaître comme témoin dans une autre affaire de parjure et de prostitution le visant ainsi que deux membres de son parti.

Kem Sokha et 29 autres membres ou sympathisants du PSNC font également l’objet d’autres poursuites judiciaires. Quatorze d’entre eux ont été condamnés à de lourdes peines de prison. « La faiblesse des éléments à charge et les irrégularités de procédure soulèvent de sérieuses préoccupations quant à l’équité des procès », a dit Mme Shamdasani.

« Nous exhortons les autorités à respecter strictement les normes internationales de procès équitable au cours des procédures pénales, notamment en assurant la transparence dans l’administration de la justice », a-t-elle ajouté.

Le HCDH a également noté que des préoccupations au sujet de la sécurité publique ont également été invoquées par le gouvernement pour bloquer des manifestations pacifiques, arrêter et poursuivre des manifestants.

« Hier, à Phnom Penh, les autorités ont mis en place des barrages routiers et mobilisé des troupes pour tenter de bloquer un événement du PSNC destiné à déposer des pétitions. Elles ont arrêté 10 personnes dans le cadre d’une manifestation qui n’était pas liée et arrêté 10 autres dans le cadre d’une autre manifestation à Phnom Penh », a dit la porte-parole.

« Nous exhortons le gouvernement, avant les élections locales et nationales en 2017 et 2018, de créer un environnement propice à la jouissance de la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association, qui sont particulièrement critiques dans un contexte pré-électoral » a-t-elle ajouté.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme ; propos recueillis par Florence Westergard)

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15/12/2017
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