Assemblée générale: le rôle des chefs religieux dans la responsabilité de protéger

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Le Conseiller spécial pour la prévention du génocide, Adama Dieng.(Photo: ONU/C.Silveiro)

De l’Holocauste à Srebrenica, la communauté internationale a tragiquement vu comment l’intolérance religieuse a incité à la haine ce qui a mené au génocide, à des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et au nettoyage ethnique.

En Syrie et en Iraq aujourd’hui, l'on assiste à la brutale persécution des chrétiens, yézidis et d’autres minorités religieuses par Daesh, l’État soi-disant islamique, des crimes qui selon nombre d'observateurs s'apparentent à un génocide et d’autres crimes atroces

Les communautés musulmanes dans de nombreux pays, notamment au Myanmar et en République centrafricaine, continuent d’être ciblées en raison de leur religion.

En 2005, lors du Sommet mondial des Nations Unies, les États se sont unanimement engagés à protéger les populations contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité en adoptant la responsabilité de protéger (R2P).

Les États peuvent s'acquitter de leur responsabilité première de protéger les populations en construisant des sociétés inclusives qui favorisent le dialogue et la compréhension entre les civilisations, les cultures et les peuples.

Le Secrétaire général de l’ONU a rappelé que «les chefs religieux peuvent apporter une contribution particulière à la prévention et la réponse aux crimes atroces, étant donné leur influence sur une grande partie de la population et leur capacité à mobiliser rapidement les ressources humaines et financières. « Les chefs religieux peuvent aider les États à faire respecter leur responsabilité de protéger à bien des égards, y compris en diffusant des messages de tolérance et de réconciliation qui aident à prévenir l’incitation à la violence et à guérir les sociétés divisées.

Par exemple, en République centrafricaine, le conflit en 2012 a connu une spirale qui a généré des crimes et atrocités contre des civils sur la base de leur identité religieuse. Au milieu du chaos, trois chefs religieux – l'évêque Mgr Dieudonné Nzapalainga, l'Imam Oumar Kobine Layama et le révérend Nicolas Guérékoyame-Gbangou – ont émergé comme messagers de la paix, de la promotion et de la tolérance entre les citoyens du pays et ont exhorté la communauté internationale à s'intéresser davantage au sort des populations en République centrafricaine.

Reconnaissant l’importance de la réconciliation post-conflit dans le pays, en novembre 2015, Sa Sainteté le Pape François a effectué une mission de paix en République centrafricaine. Au cours de sa visite, le pape François a rencontré les communautés chrétienne et musulmane et délivré des messages de tolérance, ce qui a contribué aux élections majoritairement pacifiques en 2015-2016.

L’objectif de la réunion est d’avoir une discussion ouverte et constructive sur l’action et les mesures nécessaires que les chefs religieux peuvent prendre pour prévenir les crimes atroces, ainsi que les moyens de construire des sociétés inclusives et pacifiques.

(Interview : Adama Dieng, Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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18/10/2017
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