Yémen : les pourparlers de paix entrent dans une «nouvelle phase», indique l’Envoyé de l'ONU

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Ismail Ould Cheikh Ahmed, Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen. Photo: UNMEER/Simon Ruf

L’envoyé spécial des Nations Unies chargé de faciliter les pourparlers de paix sur le Yémen a annoncé dimanche la suspension des discussions durant un mois, tout en soulignant que le processus va entrer dans une « nouvelle phase », au cours de laquelle « l’accent sera mis sur le travail avec chaque partie prise séparément afin d'affiner précisément les détails techniques. »

« Nous partons du Koweït aujourd’hui, mais les pourparlers de paix au Yémen continuent, a indiqué Ismail Ould Cheikh Ahmed . La structure et le mécanisme vont changer au cours des prochaines semaines afin de donner le temps nécessaire aux parties de consulter leurs dirigeants », a déclaré l’Envoyé spécial de l’ONU, évoquant les pourparlers tenus au Koweït au cours des trois derniers mois, entre une délégation du gouvernement yéménite et une délégation du Congrès général du peuple et d'Ansar Allah.

« Nous allons travailler avec chaque partie séparément pour affiner précisément les détails techniques. Je répète encore une fois qu’une solution durable est celle qui est travaillée avec soin, étudiée et examinée. Chaque solution précipitée est tronquée et incomplète », a-t-il ajouté.

En ce qui concerne le cycle actuel des négociations, il a dit que le plus grand dilemme était le déficit de confiance entre les parties et à cet égard, l’accent avait été mis sur la nécessité d’offrir des concessions et de progresser d'un pas vers l'autre partie de sorte que l’autre partie puisse à son tour avancer d'un pas. »

« Nous devons continuer à exhorter les parties à lancer une série de mesures de renforcement de la confiance et il est de leur devoir de poursuivre les libérations de détenus et de ne pas adopter des mesures unilatérales », a-t-il déclaré.

Prenant note de la situation difficile dans le pays, M. Ould Cheikh Ahmed a tiré la sonnette d'alarme au sujet de l’économie chancelante, et a appelé les deux parties à unir leurs efforts pour alléger le fardeau croissant de la souffrance du peuple yéménite.

Il a souligné que la solution de la crise économique dépend de la solution politique: « La situation économique a connu un grave déclin et les indicateurs économiques sont déconcertants voire dangereux. J'adresse un avertissement à ceux qui sont impliqués dans les affaires intérieures du Yémen. La situation économique est alarmante et cela est une conséquence directe de la guerre. Il n’y aura de solution économique que grâce à une solution politique durable », a-t-il expliqué.

L’Envoyé spécial a également exprimé sa profonde gratitude envers le Koweït pour l’accueil et son hospitalité. Il a également salué l'appui de la communauté internationale pour parvenir à la paix et a salué la coopération de la délégation du gouvernement du Yémen et de la délégation d'Ansar Allah et du Congrès général du peuple.

Enfin, l’Envoyé spécial a noté les préparatifs pour une autre série de pourparlers directs dont les dates et le lieu seront annoncés.

Après près de 16 mois de conflit au Yémen, la cessation des hostilités a été déclarée le 10 avril et a depuis continué à réduire la violence dans de nombreuses régions du pays. Mais de graves violations ont eu lieu à Marib, à al Jawf et à Taez et dans les zones frontalières avec l’Arabie saoudite.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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16/10/2017
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