Syrie/Iraq : des milliers de Yézidis toujours détenus par Daech

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Une famille yézidie secourue par des équipes de l’ONU dans le Kurdistan iraquien (Photo: UNICEF)

Des milliers de Yézidis sont prisonniers par l'Etat islamique (EI) qui les utilise comme esclaves sexuels ou combattants forcés en Syrie, rapporte l'ONU  mercredi.  La Commission internationale d'enquête de l'ONU sur la Syrie estime qu'environ 3.200 femmes et jeunes filles Yézidis sont détenues par l'EI et sont « utilisées comme esclaves sexuelles ». La majorité des prisonniers ont été emmenés de force en Syrie.

 

Le groupe Etat islamique (EI, Daech) continue à commettre des crimes, y compris des actes de génocide, contre la communauté yézidie. Dans un communiqué de presse rendu public ce mercredi à Genève, la Commission d'enquête de l'ONU sur les violations des droits de l'homme en Syrie a rappelé que le 3 août 2016 marque le deuxième anniversaire de l'attaque impitoyable de l'EI contre les Yézidis à Sinjar, une région dans le nord de l'Iraq près de la frontière avec la Syrie.

Mais deux ans après cette tragique attaque, plus de 3.200 femmes et enfants de cette communauté « sont toujours détenus par Daech et sont victimes d'une violence inimaginable ». Selon la Commission d'enquête, la plupart d'entre eux se trouvent en Syrie. Les femmes et les filles sont victimes d'exploitation sexuelle ou tout simplement « utilisées comme esclaves sexuelles ». La majorité des prisonniers ont été emmenés de force dans des zones sous leur contrôle, notamment en Syrie. Des milliers d'hommes ont disparu et de jeunes gens sont « endoctrinés, entraînés et utilisés dans les combats ».

Face au sort tragique de cette minorité religieuse iraquienne, la Commission rappelle les recommandations faites dans son rapport de juin devant le Conseil des droits de l'homme. Elle attire une attention particulière sur le besoin d'examiner immédiatement la question des crimes de Daech contre les Yézidis par les autorités judiciaires, conformément à la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide. Selon l'équipe de Paulo Sergio Pinheiro, un tel procès pourrait être tenu en Cour pénale internationale ou devant un tribunal spécial.

(Interview : Vitit Muntarbhorn, membre de la Commission internationale d'enquête de l'ONU sur la Syrie ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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19/10/2017
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