Syrie : tractations à Genève sur la proposition russe d'une pause humanitaire à Alep

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L'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, et son Conseiller spécial, Jan Egeland (à gauche) lors d'un point de presse à Genève.

Face à la proposition russe d'une pause humanitaire quotidienne, « trois heures ne sont pas assez », a souligné l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie. Lors d'un point de presse ce jeudi à Genève, Staffan de Mistura a tout de même indiqué que la Russie serait prête à discuter d'un allongement de la pause humanitaire de 3 heures qu'elle a proposée dans la ville syrienne d'Alep alors que l'ONU plaide de son côté pour une trêve de 48 heures pour acheminer de l'aide. Les Nations Unies se sont préoccupées de la militarisation du conflit ces derniers jours à Alep. Et selon le diplomate italo-suédois,  l'augmentation des violences donne un sens d'urgence à des discussions politiques, toujours ciblées pour fin août à Genève.

 

« C'est vrai que nous insistons sur la volonté de vouloir procéder à des pourparlers politiques et on a comme date sur laquelle nous visons, vers la fin août. Nous savons, et tous les gens le savent, que n'importe quelle pause militaire, n'importe quelle accélération humanitaire ne sera pas soutenable s'il n'y a pas un processus politique. La preuve, c'est qu'on a eu le 26 février dernier une remarquable réduction des violences, on a eu une remarquable augmentation de l'aide humanitaire dans des différents lieux. Mais les moments dans lesquels il n'y a pas eu le processus politique bouger à l'avance, les côtés qui voulaient pas que ça marche, ont profité de ça, y compris Al Nosra et d'autres.

Pour ce qui concerne ce qui se passe sur le terrain, vous savez mon histoire personnelle dans beaucoup endroits pareils, on a toujours noté malheureusement que quand il y a des chances de pourparlers politiques, les deux côtés ou les trois ou quatre côtés, ont la tendance d'essayer d'être dans une position physique, militaire et logistique meilleure. Cela est très dommage parce que paradoxalement ça produit une accélération. De l'autre côté, ça devient aussi une accélération à l'envers. Il faut que toutes les parties du ISSG {Groupe de travail sur l'accès humanitaire du Groupe international de soutien à la Syrie} trouvent un sens d'urgence pour arrêter cette accélération militaire avec des pourparlers politiques ».

A l'issue de cette réunion ce jeudi à Genève du Groupe de travail sur l'accès humanitaire du Groupe international de soutien à la Syrie, l'Envoyé spécial s'est également prononcé sur la proposition russe d'une pause humanitaire quotidienne de trois heures. « Trois heures, ce n'est pas suffisant. Les Russes ont dit qu'ils nous avaient entendus et qu'ils étaient prêts à discuter afin de voir comment améliorer leur proposition d'origine », a dit Staffan de Mistura, envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, au cours d'un point de presse à Genève. « Nous avons clairement exprimé notre point de vue, ils (les Russes) ont fait part de leur volonté de discuter, nous devons voir ce qui en sortira », a ajouté M. De Mistura. A Alep comme dans le reste du pays, l'ONU a insisté sur l'engagement des humanitaires et de l'ONU de se tenir prêts à entrer dans les zones dès qu'ils reçoivent l'autorisation.

Enfin, le médiateur onusien a déclaré que de nombreux éléments tendaient à démontrer que la ville d'Alep, dans le nord du pays, a bien été la cible d'une attaque chimique. « Nombre d'éléments montrent que cela s'est en effet produit », a-t-il dit. Si ce bombardement est confirmé, il serait constitutif d'un « crime de guerre », a poursuivi le diplomate italo-suédois, qui a rappelé qu'une enquête était en cours.

(Extrait sonore : Staffan de Mistura, Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie)

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19/10/2017
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