Syrie : l'utilisation d'armes chimiques continue et les acteurs se multiplient

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Virginia Gamba, cheffe du Mécanisme d'enquête conjoint du Conseil de sécurité sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. (Photo: ONU/Manuel Elias)

Les forces de l'air de l'Armée arabe syrienne sont responsables de deux attaques à l'arme chimique utilisant du chlore en Syrie (à Talmenes, le 21 avril 2014 et à Sarmin, le 16 mars, 2015) et l'État islamique en Iraq et au Levant (EIIL connu aussi sous l’acronyme anglais ISIS) a utilisé du sulfure de moutarde (à Marea, le 21 août 2015) , a affirmé mardi la cheffe du Mécanisme d'enquête conjoint du Conseil de sécurité sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie (JIM), Virginia Gamba, suite à sa présentation du troisième rapport du Mécanisme devant les quinze.

Aussi, suite à l'élaboration du rapport, la cheffe du Mécanisme a tenu à avertir les États Membres que les produits chimiques toxiques en Syrie ont non seulement été utilisés, mais que leur utilisation continue, et que ceci devait cesser.

«En outre il y a une diversification à la fois du type de produits chimiques utilisé et des acteurs impliqués dans cette utilisation », a précisé lors d'une interview à la Radio des Nations Unies soulignant qu'il était ainsi d'autant plus important que « tous les responsables de l'utilisation des produits chimiques toxiques comme des armes en Syrie doivent être tenus responsables afin de dissuader de telles actions à l'avenir».

«C'est quelque chose que l'on a vu avec le passage du temps dans notre investigation , les informations d'autres attaques venaient tout le temps à notre attention » a ajouté Virginia Gamba, « mais ce qui était différent c'était la diversification des substances utilisées et [le fait] qu'il y a plusieurs groupes terroristes, non seulement ISIS, qui ont clairement la volonté mais aussi la capacité de fabriquer des armes chimiques » .

Le Mécanisme a enquêté sur neuf cas d'utilisation d'armes chimiques en Syrie. Sur les neuf cas , le Comité de direction a jugé qu'il disposait de suffisamment d'informations pour parvenir à une conclusion sur les acteurs impliqués dans seulement trois cas.

Le Comité a par ailleurs recommandé de ne plus enquêter dans les 3 cas de Kafr Zita, le 11 avril 2014, Al-Tamanah, le 29 et 30 avril 2014, et Al-Tamanah, le 25 et 26 mai 2014, faute d'informations suffisantes. Il compte cependant fournir une mise à jour sur les trois cas de Kafr Zita, le 18 avril 2014, le Qmenas, 16 mars 2015, et Binnish, le 24 mars 2015, pour lesquels les résultats des laboratoires indépendants en cours sont attendus, avant la fin de mandat du Mécanisme à la mi-septembre.

Le Conseil de sécurité a créé le Mécanisme afin d'identifier les personnes impliquées dans l'utilisation des produits chimiques en tant qu'armes et est dirigé par un Comité de direction de trois personnes dont Virginia Gamba.

Pour y arriver, le Mécanisme a tout d'abord examiné tous les cas dans lesquels l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait établi l'usage d'une substance chimique dans une attaque en Syrie, puis a cherché à identifier les responsables de cette utilisation en examinant comment la substance a été utilisée, les moyens employés pour la diffuser et les potentiels motifs derrière l'attaque.

(Interview : Virginia Gamba, cheffe du Mécanisme d'enquête conjoint du Conseil de sécurité sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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23/10/2017
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