Syrie : le chef de l'humanitaire de l'ONU préoccupé par l'évacuation de Darayya

Écouter /

Le 9 juin 2016, le PAM et ses partenaires ont livré de la nourriture pour 2.400 femmes, enfants et hommes dans la ville assiégée de Darayya. Photo PAM/Hussam AlSaleh

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, Stephen O’Brien, s’est dit mardi soir extrêmement préoccupé par l’évacuation de toute la population de la ville assiégée de Darayya, les 26 et 27 août, suite à un accord entre les représentants de Darayya et le gouvernement syrien.

« L’ONU n’a pas participé à cet accord et a été informée de l’évacuation quelques heures seulement avant qu’elle n’ait eu lieu », a déclaré M. O’Brien, dans une déclaration à la presse.

Le Secrétaire général adjoint a rappelé que cette évacuation fait suite à quatre années de siège sans relâche au cours duquel les enfants mourraient de faim, les gens mangeait de l’herbe et la ville a été soumise à des combats constants, y compris des bombardements aériens, ainsi qu’à des restrictions sévères en terme de liberté de mouvement des civils, des marchandises commerciales et des biens humanitaires.

M. O’Brien a précisé que l’ONU travaille sur le terrain à la demande à la fois du gouvernement syrien et de la population de Darayya pour répondre aux besoins humanitaires et de protection de toutes les personnes touchées par l’évacuation. Cependant des accords entraînant une évacuation massive de civils après une période prolongée de siège ne respectent pas le droit international humanitaire et relatif aux droits de l’homme.

« Soyons clairs. Tous les sièges, une tactique médiévale, doivent être levés. Cela ne devrait faire l’objet d’aucun type d’accord entraînant le déplacement forcé de la population civile », a souligné M. O’Brien. « Ce qui s’est passé à Darayya ne doit pas constitué un précédent pour d’autres zones assiégées en Syrie. Il est impératif que toutes les personnes déplacées aient le droit de retourner volontairement, en toute sécurité et avec dignité, dans leurs foyers dès que la situation le permet », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général adjoint s’est également déclaré préoccupé par la détérioration de la situation dans d’autres zones assiégées en Syrie, y compris le quartier d’Al Waer dans la ville d’Homs, où les personnes disposent de peu de protection physique et d’un accès limité à l’aide essentielle, Malgré des informations faisant état d’une pause actuelle dans les combats, les quelques 75.000 personnes actuellement à Al Waer ont été soumises à un accroissement des attaques aveugles et aériennes au cours de la semaine dernière, tuant et blessant de nombreux civils.

M. O’Brien a de nouveau appelé toutes les parties à lever immédiatement les sièges des civils en Syrie, y compris dans les villes de Madaya, Deir-Ez-Zor, Douma, Foah et Kefraya ainsi que dans d’autres lieux assiégés. « Le peuple syrien a suffisamment souffert. La population civile, les plus vulnérables, les enfants, les femmes, les handicapés et les personnes âgées sont coincés au milieu des combats », a-t-il conclu.

Au vu de l’intensification des combats et de la grave situation humanitaire en Syrie, l’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a parallèlement réitéré la nécessité d’une solution politique au conflit du pays.

« Un processus politique et une solution politique sont les seuls moyens pour sortir de la crise », a déclaré sa porte-parole lors d’un point presse à Genève. « Les discussions entre la Russie et les Etats-Unis cette semaine sont cruciales pour les efforts visant à rétablir la cessation des hostilités ».

La porte-parole de M. de Mistura a également indiqué que l’ONU poursuit ses consultations avec les deux parrains et les membres du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS).

(Extrait sonore : mise en perspective par Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...