Soudan du Sud : l'ONU appelle à éviter une aggravation de la tragédie humanitaire

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Des familles déplacées par les combats ont trouvé refuge au site de protection des civils à Wau, au Soudan du Sud. Photo UNICEF/UN027532/Ohanesian

De retour d’une visite de trois jours au Soudan du Sud, le Secrétaire-général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Stephen O’Brien, a appelé mercredi à ce que les combats et les atrocités cessent immédiatement.

« Je demande à la communauté internationale de faire en sorte qu’ensemble, nous puissions éviter une aggravation de la tragédie humanitaire au Soudan du Sud », a dit M. O’Brien lors d’une conférence de presse à New York.

« Cette année, les donateurs ont déjà donné plus d’un demi-milliard de dollars pour le Plan d’action humanitaire d’urgence. Mais il nous manque encore plus de 700 millions de dollars et cette somme va augmenter une fois que l’appel sera révisé dans les prochaines semaines afin de refléter les besoins qui sont apparus depuis le début de l’année 2016 », a-t-il précisé.

Depuis sa première visite au Soudan du Sud il y a un an, M O’Brien n’a pu constater qu’une nette détérioration de la situation humanitaire, y compris dans les zones qui étaient relativement stables. « En juillet 2015, les villes de Wau and Aweil présentaient des lueurs d’espoir et des perspectives de développement. Aujourd’hui, l’une est embourbée dans des conflits, l’autre fait face à la pire insécurité alimentaire jamais vue depuis plusieurs années et la situation risque réellement de s’aggraver malgré l’incroyable travail des organisations humanitaires », a souligné le chef de l’humanitaire de l’ONU.

« Les gens du Soudan du Sud ne fuit pas seulement leurs maisons parce qu’ils ont besoin de nourriture, d’abris, de soins médicaux et d’écoles pour leurs enfants. Ils fuient car ils craignent pour leur vie », a dit M. O’Brien « À chaque endroit où il y a eu des combats, des civils ont été attaqués et déplacés de force. Plus de deux millions de personnes ont fui leurs foyers depuis décembre 2013 », a-t-il rappelé le Secrétaire-général adjoint, faisant référence aux témoignages de victimes du conflit qu’il a rencontrées et qui ont exprimé « un besoin de sécurité pour continuer à vivre ».

Lors d’une rencontre avec le Président du Soudan du Sud, Salva Kiir, M. O’Brien a exprimé en des termes clairs son choc et sa consternation sur les informations effroyables faisant état de violations commises contre des civils. « J’ai particulièrement condamné les actes odieux de violence sexuelle perpétrés contre les femmes et les filles, y compris par des membres des forces armées », a dit le Secrétaire-général adjoint. « J’ai également rappelé la nécessité d’accorder aux travailleurs humanitaires un accès libre, sûr et sans entrave à toutes les personnes dans le besoin, où qu’elles soient, et de respecter ces travailleurs et leurs équipements ».

« Il n’y a pas de solution militaire à ce conflit », a conclu Stephen O’Brien. « Je demande à tous les acteurs armés de faire taire immédiatement les armes, mettre fin à la culture de l’impunité, et permettre aux civils de vivre en paix ».

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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11/12/2017
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