Genève : la réunion du groupe de travail sur l'aide humanitaire en Syrie écourtée

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Staffan de Mistura, Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie lors d’un point de presse à Genève (Photo ONU).

Le Groupe de travail sur le cessez-le-feu du Groupe international de soutien à la Syrie se tient ce jeudi après-midi. L'Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie a indiqué que cette réunion aurait pour principal objectif de parvenir à un cessez-le-feu de 48 heures à Alep, où rebelles et forces pro-gouvernementales se livrent des combats acharnés. Staffan de Mistura a par ailleurs annoncé la suspension du Groupe de travail sur l'accès humanitaire en Syrie. Il a expliqué qu'aucun convoi n'avait pu atteindre les zones assiégées depuis un mois.

 

L'Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie a annoncé jeudi avoir suspendu la réunion du groupe de travail sur l'aide humanitaire du Groupe international de soutien à la Syrie, tout en exprimant ses préoccupations sur la détérioration de la situation humanitaire dans les zones assiégées syriennes. Staffan de Mistura a fait part de sa décision devant les journalistes à Genève à l'issue d'une rencontre « de moins de huit minutes » avec les membres du Groupe de travail sur l'accès humanitaire du Groupe international de soutien à la Syrie, et à la veille de la Journée humanitaire mondiale. « Il n'y a aucun sens d'avoir aujourd'hui une réunion humanitaire, à moins que nous n'ayons assez de progrès sur l'aide humanitaire en Syrie », a-t-il martelé.

Une façon pour le diplomate italo-suédois d'attirer l'attention sur la situation sur le terrain en Syrie. En effet, depuis le début du mois d'août, aucun convoi humanitaire n'a pu entrer dans les localités assiégées de Syrie en raison des combats. L'Envoyé spécial de l'ONU a ainsi déploré le fait que l'aide humanitaire n'est pas parvenue par exemple à Madaya et Zabadani, deux villes assiégées contrôlées par les dans la province de Damas, ainsi que Foua et Kafraya, deux agglomérations pro-régime de la province d'Idleb assiégées par des rebelles islamistes. « En un mois, pas un seul convoi n'a atteint les zones assiégées », a déclaré Staffan de Mistura. « Pas un seul convoi. Pourquoi ? En raison des combats », a fait remarquer le diplomate italo-suédois.

« Aujourd'hui, j'ai suspendu la réunion du Groupe de travail sur l'accès humanitaire en Syrie, a souligné Staffan de Mistura. J'ai décidé, en usant de mon privilège de président du groupe de travail, de déclarer qu'il n'y avait pas de raison d'avoir une réunion hebdomadaire à moins qu'il y ait du mouvement sur le plan humanitaire en Syrie. Donc la séance a été écourtée. Ce geste était avant tout un symbole et un signe de respect, alors que se déroule demain vendredi la Journée mondiale de l'aide humanitaire. A l'exception de largages aériens de vivres du Programme alimentaire mondial à Deir Ezzor, aucun convoi humanitaire n'a pu entrer actuellement dans les localités assiégées de Syrie. Par exemple, l'Est d'Alep est assiégé et l'Ouest de cette province est sur le point d'être cerné aussi.

Nous allons reprendre la semaine prochaine la réunion du Groupe de travail et j'espère que nous verrons plus d'actes que de promesses. Car ce défaut d'aide est dû à l'absence d'une pause humanitaire, l'absence d'une trêve à Alep ».

En conclusion, l'Emissaire de l'ONU a appelé les deux co-présidents du Groupe de travail à savoir la Russie et les Etats-Unis, mais aussi « tous ceux qui ont une influence sur le terrain » à appuyer ses efforts en vue d'une trêve en Syrie.

(Extrait sonore : Staffan de Mistura, Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie)

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14/12/2017
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