Crise des réfugiés syriens : des experts de l'ONU préoccupés par les risques de désagrégation du Liban

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L'Emissaire du HCR Angelina Jolie Pitt s'entretient avec des réfugiés syriens au Liban (Photo d’archives: HCR/L.Knott)

Le système confessionnel en vigueur à Beyrouth ainsi que la question des réfugiés – palestiniens et syriens – ont été au centre des discussions du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale. Lors de l'examen du rapport hier mercredi après-midi et ce jeudi matin à Genève, la délégation libanaise a rappelé le flot considérable de réfugiés qui continue d'affluer dans leur pays. Comment un petit pays de 10 000 km2, peuplé de quatre millions d'habitants, avec une densité de 400 habitants au kilomètre carré, pourrait-il accueillir 1,6 million de réfugiés sans en être affecté, se sont ainsi demandés plusieurs orateurs?

 

La question des réfugiés surtout syriens a été perçu comme une situation susceptible de constituer une « menace existentielle » du Liban. Lors de l'examen du passage de la délégation de Beyrouth  devant le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale, il a été beaucoup question du fardeau énorme supporté par le Liban. Selon le Vice-Président du Comité, ce pays est confronté à un risque majeur de désagrégation.  Noureddine Amir a relevé que certains pays de la rive nord de la Méditerranée ne craignaient pas de faire la fine bouche pour quelques milliers de réfugiés arrivant sur leurs côtes, alors que le Liban est menacé de submersion et laissé seul dans une situation impossible.

« Il y a quelques trois millions de réfugiés, je ne parle pas de migrants. Et dans ce contexte-là que le Liban nous présente son rapport. Il présente son rapport dans une situation qui est explosive. Nonobstant cela, il nous présente donc un rapport où il traite de l'évolution de sa situation législative, judiciaire et administrative, conformément à notre Convention.

Quand on a un pays qui fait 12.000 kilomètre carré et une population de réfugiés et de migrants aussi nombreuse, je dis que tout pays qui n'est pas le Liban, voire si à un moment ou un autre, serait en mesure de subir ce que le Liban subit.

Mais il y a une chose à laquelle il est absolument important, il est temps pour la communauté internationale de se pencher sur la communauté internationale de se pencher sur des pays tels que le Liban dont toutes les chances de se désagréger sont présentes. Toutes les chances dans une situation de désagrégation sont présentes. Les réfugiés ne cessent de devenir encore plus réfugiés, ainsi de suite ».

La question du Liban doit être considérée comme prioritaire par le Comité, a insisté cet expert.

La délégation libanaise a d'ailleurs souligné que le pays doit dégager des ressources considérables pour faire face à cette crise des réfugiés, non sans rappeler que plus de 1,5 million de réfugiés palestiniens vivent aussi dans ce pays. « Ces épreuves affaiblissaient l'État jour après jour », a d'ailleurs reconnu Mme Najla Assaker, Représentante permanente du Liban auprès des Nations Unies à Genève.

En réponse à une question concernant le projet de pacte mondial pour les réfugiés qui pourrait être conclu lors du sommet du 19 septembre prochain à New York consacré à la gestion des mouvements de migrants et de réfugiés, la délégation du Liban a émis un certain nombre de préoccupations, notamment quant au fait que le document final de ce pacte soit semble-t-il déjà finalisé.  Le Liban est en particulier en désaccord avec le fait que pourrait être reconnu dans ce texte le droit à l'installation définitive des réfugiés dans les pays d'accueil.

(Extrait sonore : Noureddine Amir, Vice-Président du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale)

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15/12/2017
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