Conseil de sécurité / Syrie: « Alep pourrait être le tombeau du processus de Vienne » selon la France

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(Photo: ONU-france)

Si les confrontations continuent les habitants des deux côtés d'Alep –Est et Ouest—pourraient se retrouver coupés d'assistance humanitaire et nous ne pouvons pas laisser que cela se produise car aucun côté ne pourra gagner de façon décisive, a déclaré lundi devant le Conseil de sécurité la Représentante permanente des États-Unis auprès de l'ONU, dans son discours d'ouverture lors d'une réunion informelle du Conseil sous formule « Arria » , pour examiner la situation à Alep, en Syrie.

Au cours des dernières semaines de violents combats ont coupé plus de 250.000 habitants à Alep Est, alors qu'une contre-offensive menace désormais des milliers de civils vivant dans l’ouest.

La réunion informelle, dont la formule permet d'écouter des organisations de la société civile et des ONG, a été organisée par les États-Unis et quatre autres membres du Conseil dont la France.

Les membres du Conseil ont ainsi entendu le témoignage d'un Casque blanc in situ sous les tirs, suivi de celui de deux médecins volontaires de l'ONG Syrian American Medical Society (SAMS) de retour de la ville qui ont dénoncé les conditions dans les hôpitaux, ainsi qu'une journaliste correspondante de guerre, qui a entre autre souligné que les populations se tournent vers les extrémistes parce que ceux-ci comblent les vides laissés par la guerre.

Le Représentant permanent adjoint de la France auprès de l'ONU, Alexis Lamek, a pour sa part a estimé que les couloirs humanitaires russes avaient « très peu d'humanitaire » car ces derniers servaient plutôt à renforcer l'évacuation des habitants de la ville plutôt qu'à leur apporter une aide, en contradiction avec les résolutions du Conseil.

Le diplomate français a rappelé les propos de l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui avait alerté les quinze, leur indiquant que sans progrès concernant une cessation des hostilités ou sur le plan humanitaire, aucune reprise crédible des négociations ne seraient envisageable.

Selon Alexis Lamek, ce scénario « dramatique » est celui qui se profile.

« Il n'y aura pas de solution pérenne il n'y aura pas de lutte contre le terrorisme efficace tant que les Syriens se feront massacré » a précisé l'Ambassadeur, avertissant qu' « Alep pourrait être le tombeau du processus de Vienne. »

(Extrait sonore : Alexis Lamek, Représentant permanent adjoint de la France auprès de l'ONU; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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17/10/2017
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