Burundi: le Comité contre la torture préoccupé par des actes de représailles contre des avocats

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La police burundaise à Bujumbura (photo: IRIN)

Le Comité des Nations Unies contre la torture a exprimé sa vive préoccupation au sujet d'actes de représailles signalés contre quatre avocats burundais qui ont fourni des informations au Comité à l'occasion de l'examen du rapport spécial du Burundi. Le Comité a envoyé une lettre à l'ambassadeur du Burundi auprès des Nations Unies à Genève, demandant des garanties immédiates afin qu'aucun membre de la société civile burundaise ne soit soumis à des représailles pour avoir coopéré avec le Comité.

 

Le Comité contre la torture s'est préoccupé des actes de représailles contre quatre avocats. Il s'agit d'Armel Niyongere, Lambert Nigarura, Dieudonné Bashirahishize et Vital Nshimirimana. Des avocats qui ont contribué à la rédaction du document d'une coalition de la société civile burundaise à l'occasion de l'examen du rapport du Burundi. D'ailleurs, trois d'entre eux  étaient présents à Genève le 28 juillet dernier lors du passage de Bujumbura devant le Comité. Et durant cette session, les experts du Comité avaient même soulevé les représailles qui avaient suivi déjà l'examen du second rapport périodique du Burundi en novembre 2014.

Or l'histoire semble se répéter. En effet, le 29 juillet dernier, un procureur burundais a demandé au Président du Conseil de l'Ordre des avocats, la radiation de ces quatre membres du Barreau de Bujumbura accusés de « plusieurs infractions dont une participation à un mouvement insurrectionnel et une tentative de coup d'État ».

Mais dans cette lettre adressée à l'Ambassadeur du Burundi à Genève, le Président du Comité  s'est inquiété de la présomption d'innocence dans ce dossier d'autant que le procureur a demandé des sanctions et non une enquête afin d'établir les faits. Dans ces conditions, Jens Modvig qui s'est dit prêt à rencontrer les autorités burundaises a insisté sur la protection des témoins du Comité contre tout mauvais traitement ou toute intimidation. A cet égard, le Comité attend une réponse des autorités burundaises au plus tard ce jeudi 11 août, soit la veille de la publication des conclusions du rapport sur le Burundi.

(Correspondance d'Alpha Diallo à Genève, pour la Radio des Nations Unies)

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18/12/2017
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