Ukraine : l'ONU dénonce de possibles « crimes de guerre » commis par les rebelles et Kiev

Écouter /

Entrée de la ville de Sloviansk, en Ukraine, criblée d'impacts de balles et d'obus. Photo : UNICEF /Pavel Zmey

Exécutions sommaires de civils et bombardements aveugles de quartiers résidentiels commis à la fois par les séparatistes et par les forces de Kiev dans l'Est de l'Ukraine. Dans son nouveau rapport publié ce jeudi à Genève, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme dénonce des actes qui pourraient être qualifiés de « crimes de guerre ». Et pour les services du Haut-Commissaire Zeid, ces graves abus sont surtout le résultat d'une dangereuse culture de l'impunité qui se développe en Ukraine où les exécutions  arbitraires, qu'elles soient le fait des forces ukrainiennes ou des séparatistes prorusses, font rarement l'objet de poursuites.

 

Les faits étudiés par ce nouveau rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) ont été commis entre janvier 2014 et mai 2016 dans l'est de l'Ukraine.

Le rapport de l'ONU, le premier du genre depuis le début du soulèvement, se concentre sur des exécutions arbitraires présumées commises dans la zone de conflit alors qu'aucun affrontement n'avait lieu dans les environs immédiats.  Le document fait donc état de l'exécution de soldats des forces armées ukrainiennes et d'éléments de groupes armés qui s'étaient rendus. Le Haut-Commissariat a également rapporté un nombre considérable d'exécutions sommaires présumées et d'assassinat de civils qui ne prenaient pas part aux hostilités par les deux camps.

Le rapport des Nations unies accuse en outre les deux belligérants d'avoir bombardé des zones résidentielles à coups de roquettes et d'obus hautement imprécis et dont l'usage en zone urbaine est particulièrement destructeur et meurtrier. « La mort de la très grande majorité des victimes civiles a été causée par le bombardement aveugle des zones résidentielles, en violation du principe du droit international et humanitaire de distinction » entre les objectifs militaires et civils, note le texte. L'ONU répertorie le décès d'au moins 2.000 civils sur cette période. Or « les attaques intentionnelles dirigées contre la population civile ou contre des individus ne prenant pas part aux hostilités est un crime de guerre », souligne le document.

Malgré la gravité des faits mentionnés dans le rapport, le Haut-Commissariat regrette surtout qu'il n'y ait pas eu « de suite pour la très grande majorité des exécutions sommaires présumées et des meurtres commis dans la zone du conflit », notant un « manque de volonté pour enquêter sur certains faits » aussi bien de la part des rebelles que des autorités ukrainiennes.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
17/10/2017
Loading the player ...