Syrie : l'ONU préoccupée par la récente montée de la violence à Alep

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Une jeune fille dans le camp pour personnes déplacées de de Bab Al Salame, à la frontière avec la Turquie, dans le gouvernorat d'Alep, en Syrie. Photo : UNICEF

Le Coordonnateur de l’action humanitaire de l’ONU en Syrie, Yacoub El Hillo, et le Coordonnateur régional des secours humanitaires pour la crise syrienne, Kevin Kennedy, se sont déclarés mercredi préoccupés par la montée de la violence à Alep, en Syrie.

« L’ONU est profondément alarmée par la monté de la violence dans et autour d’Alep, qui a mis en danger des centaines de milliers de personnes », ont déclaré deux responsables de l’ONU, dans une déclaration de presse conjointe.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), depuis le 7 juillet, des affrontements violents entre les forces syriennes et les groupes armés non étatiques ont rendu la route Castello, la dernière voie disponible pour accéder à la ville, infranchissable.

Les forces armées syriennes et kurdes auraient depuis pris le contrôle de la majorité de la route Castello, coupant du même coup la circulation humanitaire, commerciale et civile à l’est d’Alep et rapprochant 200.000 à 300.000 personnes de la ligne de front.

Avant cette récente montée de violence, l’OCHA estime qu’environ 10.000 à 30.000 personnes ont fui la région entre janvier et juin en raison de l’insécurité accrue.

« Bien qu’il soit difficile d’obtenir des informations sur l’est d’Alep, en raison des restrictions d’accès, c’est une des zones les plus touchées par le conflit ; la plupart de ses habitants dépendent fortement de l’aide humanitaire », ont précisé MM. El Hillo et Kennedy.

En effet, les deux coordonnateurs ont souligné que les forces syriennes ont intensifié les frappes aériennes sur les zones rurales près d’Alep ces derniers jours, en plus des centaines de tirs de mortiers qui ont visé l’ouest d’Alep la semaine dernière et des explosifs anti-aériens répartis dans plusieurs quartiers civils, qui continuent de menacer les civils.

« Du 8 au 11 juillet, 57 personnes auraient été tuées, dont 15 enfants, et 497 ont été blessées », ont ajouté les coordonnateurs.

Ils ont rappelé que même si l’ONU et ses partenaires dans l’est d’Alep ont assez de nourriture pour soutenir 145.000 personnes pendant un mois, « les besoins humanitaires doivent être immédiatement adressés, y compris par le rétablissement des évacuations médicales de l’est d’Alep ».

« L’ONU déplore la propagation des hostilités à travers Alep et appelle toutes les parties au conflit à mettre fin à ses attaques aveugles contre des civils et à respecter pleinement le droit international humanitaire. L’ONU demande également à toutes les parties de permettre l’acheminement de l’aide humanitaire», ont-ils ajouté.

(Mise en perspective : Florence Westergard)

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23/10/2017
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