Soudan du Sud : l'ONU condamne la reprise des combats ces dernières heures à Juba

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Le Conseil de sécurité des Nations Unies (UN Photo/Mark Garten)

L’ONU a une nouvelle fois fermement condamné la reprise des combats dimanche à Juba entre des soldats de l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) et de l’APLS dans l’opposition, deux jours après des affrontements similaires dans la capitale du Soudan du Sud, les 7 et 8 juillet 2016.

Réuni d'urgence, le Conseil de sécurité des Nations Unies, après avoir vivement condamné la reprise des combats, a déclaré qu’il “va envisager de renforcer” la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) en réponse aux combats intenses dans la capitale, Juba.

Le Conseil a également encouragé les “Etats de la région” à se préparer à envoyer plus de troupes pour potentiellement renforcer la présence de l’ONU dans le pays.

Les quinze se sont réunis au Siège de l’ONU à New York pour examiner comment répondre à plusieurs jours d’affrontements entre les forces fidèles au Président Salva Kiir et les forces de l’opposition fidèles au Vice-Président, Riek Machar.

Le Conseil “a exprimé notamment le choc et l’indignation devant les attaques contre les installations de l’ONU et des sites de protection des civils.” De même, le Conseil a fermement condamné les «attaques et provocations” contre les civils et le personnel des Nations Unies et le personnel travaillant dans et autour de Juba.

Les forces rivales des deux leaders du pays dans le cadre d'une véritable guerre civile catastrophique, qui a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé plus de 2,2 millions. Aussi, le Conseil leur a “demandé” qu’ils “fassent tout leur possible” pour contrôler leurs troupes. Un véritable engagement est maintenant nécessaire, dit la déclaration, à une mise en œuvre intégrale de l’accord de paix de l’an dernier, y compris un cessez-le-feu permanent.

De son côté, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est également dit choqué et consterné par les violents combats qui se déroule actuellement à Juba.

Dans un communiqué de presse publié dimanche, à la suite de celui de la MINUSS, le chef de l’ONU a demandé « instamment au Président Kiir et au Premier Vice-Président Riek Machar de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour désamorcer immédiatement les hostilités et ordonner à leurs forces respectives de se désengager et de se replier dans leurs bases ».

M. Ban a souligné que cette « violence insensée » est « inacceptable », et risque d’inverser les progrès accomplis à ce jour dans le processus de paix.

« Les camps et sites de protection des civils de l’ONU à Juba ont été pris dans les tirs croisés. Je suis profondément frustré par le fait que les combats aient repris, malgré les engagements pris par les dirigeants du Soudan du Sud », a-t-il ajouté, appelant ces derniers à reprendre le contrôle de la situation sécuritaire à Juba et empêcher la propagation de la violence à d’autres régions du pays.

M. Ban a également exhorté le gouvernement à garantir la sécurité des civils et du personnel des Nations Unies, ainsi qu’à « véritablement s’engager à mettre en œuvre intégralement l’accord de paix ».

Pour sa part, la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a fait part, dans un communiqué de presse, de son indignation face à la reprise des violences à Juba le 10 juillet 2016, au lendemain du cinquième anniversaire de l’indépendance du pays.

« Les violents combats dans la ville de Juba, y compris à proximité des camps de la MINUSS […] ont forcé environ 1.000 personnes déplacées à fuir le site de protection des civils nº1 de la MINUSS vers le camp de la MINUSS appelé Maison de l’ONU de Jebel », a déclaré la Mission. « Les violents combats dans le centre-ville ont également forcé des centaines de civils à se réfugier dans le camp de la MINUSS dit de Tomping », a-t-elle ajouté.

La MINUSS s’est par ailleurs déclarée « gravement préoccupée » par les informations selon lesquelles des éléments armés auraient empêché des civils de chercher refuge auprès de la Mission de l’ONU.

« Les deux camps de la MINUSS à Juba [Maison de l'ONU de Jebel et Tomping] ont subi des impacts de tirs à l’arme lourde et à l’arme légère », a par ailleurs indiqué la Mission, exhortant toutes les parties à respecter « le caractère sacré » de l’Organisation et condamnant toute attaque délibérée contre des locaux des Nations Unies et son personnel.

La MINUSS a indiqué que les soldats de la paix des Nations Unies continuaient de protéger les civils déplacés dans ses sites de protection nº1 et 3. « Pour la sécurité des civils déplacés, l’ONU exhorte toutes les parties à respecter le caractère civil de ces sites », a insisté la Mission, ajoutant que ses Casques bleus étaient également mobilisés pour protéger les camps de Tomping et de la Maison de l’ONU de Jebel.

La Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU au Soudan du Sud et responsable de la MINUSS, Ellen Margrethe Loej, a par ailleurs « directement appelé les plus hautes autorités du Soudan du Sud à mettre de l’ordre dans leurs rangs, à engager un dialogue pour trouver une solution politique à cette crise et à garantir l’accès aux patrouilles des Nations Unies afin de rassurer la population civile ».

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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12/12/2017
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