Sida: hausse des infections d'adultes dans plusieurs régions

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Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, lors de la présentation du rapport ce mardi 12 juillet à Genève (Photo: ONUSIDA)

Si le nombre de nouvelles infections d'enfants a diminué de quelque 70%, la baisse s'est tassée chez les adultes. Et les responsables de l'ONUSIDA redoutent un retour à la case de départ. Car les infections sont en hausse dans plusieurs régions, comme dans celle de l'est de l'Europe et d'Asie centrale où l'augmentation annuelle de nouveaux cas s'est établie à plus de 50 %.

 

C'est un nouveau front qui s'ouvre dans le combat contre le VIH Sida après la publication de ce nouveau rapport de l'ONUSIDA qui montre que la lutte pour éradiquer l'épidémie d'ici 2030 dans le monde est vraiment mise à rude épreuve. Et lors d'un point de presse ce mardi à Genève, le Directeur exécutif de l'ONU a tiré « la sonnette d'alarme » face à l'augmentation de ces cinq dernières années, de « nouvelles infections d'adultes dans plusieurs régions ». « Si depuis une quinzaine d'années, le nombre de nouvelles infections d'enfants a diminué de quelque 70%, en revanche, la baisse s'est tassée chez les adultes », fait remarquer Michel Sidibé.

Selon les estimations, 1,9 million d'adultes ont été infectés par le sida chaque année sur les cinq dernières années au moins. Les plus exposés restent, selon le rapport, les gays, les transgenres, les travailleurs du sexe et leurs clients, les consommateurs de drogue et les détenus, qui constituaient plus d'un tiers des nouvelles infections il y a deux ans.

Et c'est surtout dans l'est de l'Europe et en Asie centrale où la hausse annuelle de ces nouveaux cas entre 2010 et 2015 s'est établie à 57%. En Russie ou en Ukraine, qui totalisent environ 90% des nouveaux cas dans l'est de l'Europe, l'ONUSIDA redoute les conséquences de la discrimination des plus vulnérables sur l'élargissement de l'épidémie à l'ensemble de la population.

Autre source de préoccupation, la région des Caraïbes où après neuf ans de baisse régulière, une augmentation de 9% a été observée. Elle atteint aussi 4% au Proche et Moyen-Orient. Et 2% en Amérique latine.

Toutefois, des signes encourageants sont signalés dans d'autres régions comme en Amérique du Nord, en Europe occidentale et centrale et en Afrique de l'Ouest. Elle atteint 3% en Asie/Pacifique et 4% dans le sud et l'est de l'Afrique, continent où pour la première fois davantage de personnes accèdent à un traitement que le nombre de nouvelles infections.

Face à ces nouveaux défis, l'ONUSIDA plaide pour une augmentation de la politique de prévention surtout chez les plus vulnérables, notamment chez les consommateurs de drogue, les travailleurs du sexe ou au sein de la communauté LGBT. Autre défi, le fait que seules 57% des personnes infectées dans le monde savent quelle est leur situation sérologique.

En conclusion, l'ONUSIDA rappelle qu'au total, 46% ont accès à un traitement antirétroviral et moins de 40% vivent avec un virus maintenu à une faible dimension. Bien loin de la volonté affichée sur ces éléments par l'ONUSIDA. Pourtant malgré ces nouvelles alertes sur le front du combat contre le VIH, les contributions financières internationales ont diminué d'environ 8 milliards de dollars en 2015.

(Interview : Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA ; propos recueillis par Alpha Diallo et par la Radio-Télévision Suisse Italienne, RSI).

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20/10/2017
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