La FAO appelle combler le fossé entre foresterie et agriculture afin d'améliorer la sécurité alimentaire

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Photo : IRIN/Charles Akena

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a appelé lundi à une meilleure coordination entre la foresterie et l’agriculture afin de mettre en place des systèmes agricoles durables et d’améliorer la gestion des forêts et la sécurité alimentaire.

« Alors que l’agriculture demeure la principale cause de déforestation dans le monde, il est urgent d’encourager des interactions plus positives entre l’agriculture et la foresterie afin de mettre en place des systèmes agricoles durables et d’améliorer la sécurité alimentaire », indique un nouveau rapport de la FAO sur « La Situation des forêts du monde », présenté lundi lors de la 23ème session du Comité des forêts de l’agence.

Le rapport rappelle que les forêts jouent un rôle prédominant en matière de développement de l’agriculture durable, avec notamment le cycle de l’eau, la conservation de l’eau, le piégeage du carbone, des mécanismes naturels de lutte contre les ravageurs ou encore, en influençant les climats locaux et en protégeant les habitats des pollinisateurs, ainsi que d’autres espèces.

« Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Accord de Paris sur le climat reconnaissent que nous ne pouvons plus envisager séparément la sécurité alimentaire, les moyens d’existence et la gestion des ressources naturelles», a déclaré le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, lors de son discours inaugural au Comité des forêts, rappelant que ces deux accords appellent à une approche plus cohérente et intégrée du concept de durabilité dans tous les domaines agricoles et les systèmes alimentaires.

M. Graziano da Silva a insisté sur le message principal contenu dans le nouveau rapport : « il n’est pas nécessaire d’abattre des forêts pour produire plus de nourriture », a-t-il dit.

Selon le rapport, dans les régions tropicales et subtropicales, l’agriculture commerciale de grande échelle et l’agriculture locale de subsistance sont respectivement responsables d’environ 40 et 33% de la transformation des forêts. Les 27% de déforestation restants sont principalement dus à la croissance urbaine, à l’expansion des infrastructures et à l’exploitation minière.

Toutefois, le rapport insiste sur le fait que les forêts présentent des atouts écologiques essentiels qui profitent au secteur agricole et stimulent la production alimentaire.

« On peut parvenir à une sécurité alimentaire grâce à l’intensification agricole et à d’autres mesures telles que la protection sociale plutôt qu’à travers l’expansion des zones agricoles qui se ferait au dépend des forêts », a déclaré la Directrice de la Division de la FAO chargée des politiques et des ressources forestières, Eva Müller.

Pour cela, elle a appelé à améliorer la coordination intersectorielle des politiques liées à l’agriculture, la foresterie, l’alimentation et l’utilisation des terres, mais aussi l’aménagement du territoire, les cadres juridiques et l’implication des communautés et des exploitants locaux.

« Les gouvernements doivent assurer aux communautés locales la sécurité des droits fonciers et des droits forestiers. L’agriculteur est le mieux placé pour savoir comment gérer ses propres ressources, mais souvent il ne dispose pas des instruments juridiques pour le faire », a-t-elle ajouté.

Selon le rapport, depuis 1990, plus d’une vingtaine de pays ont réussi à améliorer leur sécurité alimentaire tout en maintenant ou en augmentant le couvert forestier.

Parmi ces pays, 12 d’entre eux ont réussi à augmenter le couvert forestier de 10% : l’Algérie, le Chili, la Chine, la République dominicaine, la Gambie, la République islamique d’Iran, le Maroc, la Thaïlande, la Tunisie, la Turquie, l’Uruguay et le Vietnam.

« Cela démontre qu’il n’est pas nécessaire d’abattre des forêts pour produire plus de nourriture », conclue l’étude.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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14/12/2017
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