Journée mondiale contre l'hépatite : elle tue autant que le sida ou la tuberculose

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Infographie: OMS

En cette journée mondiale contre l'hépatite, célébrée  aujourd’hui, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) demande aux responsables politiques, aux personnels de santé et au grand public de mieux connaître l'hépatite et « d'agir maintenant».

L'hépatite virale, un groupe de maladies infectieuses connues sous le nom d'hépatites A, B, C, D et E, touche des centaines de millions de personnes dans le monde, provoquant des atteintes hépatiques aiguës et chroniques. Ces hépatites tuent près de 1,4 million de personnes par an, surtout l'hépatite B et l'hépatite C.

L'OMS invite tout le monde à mieux s'informer sur cette infection, à prendre des mesures pour connaître son statut personnel en se faisant dépister et à se faire soigner pour réduire le nombre des décès évitables dus à cette infection que l'on peut prévenir et traiter. Car ces maladies infectieuses sont considérées comme silencieuses ou négligées. Pourtant les hépatites virales sont des affections de plus en plus meurtrières. L'organisation mondiale de la santé (OMS) reprend à cet égard, une étude publiée le 11 juillet dernier dans la revue médicale britannique The Lancet. Une étude qui montre que ces maladies virales tuent désormais autant de personnes par an que le sida ou la tuberculose. Plus de 1,45 million de personnes sont ainsi décédées en 2013 des suites d'une hépatite virale, soit 63% de plus qu'en 1990. Par comparaison, 1,4 million de personnes sont mortes de la tuberculose, 1,3 million du sida, et 885.000 du paludisme au cours de la même année, des chiffres qui ont baissé depuis 1990, relèvent les chercheurs. Selon l'OMS, l'hépatite virale touche 400 millions de personnes dans le monde et, vu l'ampleur de l'épidémie, tout un chacun peut être exposé au risque.

La mortalité due à l'hépatite est plus élevée en Océanie, en Afrique subsaharienne et en Asie centrale. Néanmoins, en nombres absolus, l'Asie de l'est et l'Asie du sud enregistrent le nombre le plus important de décès imputables à l'hépatite (52% du nombre total de décès). Et plus de la moitié des décès causés par l'hépatite surviennent dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure ainsi que dans les pays à revenu élevé.

Par ailleurs, l'OMS estime que 95% des personnes ayant une hépatite chronique ignorent leur infection et que moins de 1% a accès au traitement. Dans ces conditions, l'OMS indique qu'en intensifiant le traitement, on pourra sauver 7 millions de vies entre 2015 et 2030, avec des retombées économiques pour les communautés. Les principales méthodes consisteront à étendre les programmes de vaccination contre l'hépatite B, à mettre l'accent sur la prévention de la transmission mère-enfant de l'hépatite B, à améliorer la sécurité des injections, des transfusions et des actes chirurgicaux et à améliorer l'accès au diagnostic et au traitement de l'hépatite B et C.

(Interview: Dr. Stefan Wiktor, Chef du Programme mondial de l'hépatite à l'OMS ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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23/10/2017
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