Iraq : l'ONU préoccupé par le sort de plus de 600 hommes retenus otages par une milice

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Un groupe de personnes déplacées par les combats à Falloujah, en Iraq. Photo: OCHA

Suite à l'attentat qui a frappé Bagdad dimanche, le Haut-Commissaire aux droits de l'homme met en garde contre tout acte de vengeance hâtive et exhorte notamment les autorités iraquiennes à prendre des mesures immédiates pour empêcher certaines milices armées de continuer de se venger sur des civils qui fuient les villes reprises des mains de Daesh.

Zeid Ra'ad al-Hussein est notamment préoccupé par le sort d'au moins 600 hommes et garçons retenu otage depuis le 1er juin après avoir fui Falloujah.

Loin d'être le premier, c'est en revanche le plus grave incident impliquant des milices combattant aux côtés des forces iraquiennes contre Daesh, et pour le Haut-Commissaire, de tels crimes augmentent la probabilité de voir éclater un conflit sectaire d'envergure dans le pays.

Selon le Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l'homme, le 1 juin, un groupe de 8000 civils, dont 1500 hommes et adolescents, ont fui leur village près de Fallujah qui était alors encore aux mains de Daesh.

Croyant trouver refuge auprès des forces gouvernementales iraquiennes, ils se sont retrouvés au lieu de cela aux mains d'une milice shiite.

Selon les témoignages, les hommes et adolescents ont été immédiatement séparés des femmes et enfants, puis envoyés vers différents sites où ils ont été entassés dans des pièces avec peu de ventilation, sans eau ni nourriture.

Les hommes qui se seraient plaint ont été trainés dehors pour se voir tirer dessus ou violemment battus. Quatre hommes ont été décapités. D'autres ont été menottés et battu à mort et les corps d'au moins deux hommes ont été brûlés.

En tout au moins 49 hommes ont été torturés à mort ou exécutés, apparemment en représailles pour le massacre de recrues militaires shiites perpétré par Daesh à Tikrit en 2014.

Le 5 juin, un groupe d'environ 605 hommes et garçons a pu rejoindre un camp de déplacés, mais on est sans nouvelles des autres personnes retenus par la milice, et le pire est à craindre concernant leur sort.

Zeid Ra'ad al-Hussein souligne que la plupart des habitants des régions qui sont aux mains de Daesh n'ont rien à voir le groupe, au-delà de faire ce qui est nécessaire pour survivre.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

 

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14/12/2017
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