FAO: il n’est pas nécessaire d’abattre des forêts pour produire plus de nourriture

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En Tanzanie. Les forêts font partie intégrante de la politique nationale agricole qui vise à protéger les terres arables de l'érosion et à améliorer la production agricole.@FAO: Simon Maina

Alors que l’agriculture demeure la principale cause de déforestation dans le monde, il est urgent d’encourager des interactions plus positives entre l’agriculture et la foresterie afin de mettre en place des systèmes agricoles durables et d’améliorer la sécurité alimentaire. Tel est le message clé de la nouvelle édition du rapport de la FAO La Situation des forêts du monde (SOFO), présentée aujourd’hui à l’occasion de la 23ème session du Comité des forêts de l’Organisation (COFO).

Les forêts jouent un rôle prédominant en matière de développement de l’agriculture durable, avec notamment le cycle de l’eau, la conservation de l’eau, le piégeage du carbone, des mécanismes naturels de lutte contre les ravageurs ou encore en influençant les climats locaux et en protégeant les habitats des pollinisateurs, ainsi que d’autres espèces. Répondre à la demande croissante en produits alimentaires requiert des paysages productifs gérés de manière durable.

«Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Accord de Paris sur le climat reconnaissent que nous ne pouvons plus envisager séparément la sécurité alimentaire, les moyens d’existence et la gestion des ressources naturelles» a déclaré le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, lors de son discours inaugural au Comité des forêts. «Les deux accords appellent à une approche plus cohérente et intégrée du concept de durabilité dans tous les domaines agricoles et les systèmes alimentaires. Les forêts et la foresterie jouent un rôle primordial à cet égard».

«Le message du SOFO est clair : il n’est pas nécessaire d’abattre des forêts pour produire plus de nourriture», a-t- il ajouté.

L’agriculture est la principale cause de la transformation des forêts. Selon le rapport d’aujourd’hui, dans les régions tropicales et subtropicales, l’agriculture commerciale de grande échelle et l’agriculture locale de subsistance sont respectivement responsables d’environ 40 et 33 pour cent de la transformation des forêts. Les 27 pour cent de déforestation restants sont principalement dus à la croissance urbaine, à l’expansion des infrastructures et à l’exploitation minière.

D’un autre côté, le rapport insiste sur le fait que les forêts présentent des atouts écologiques essentiels qui profitent au secteur agricole et stimulent la production alimentaire.

«On peut parvenir à une sécurité alimentaire grâce à l’intensification agricole et à d’autres mesures telles que la protection sociale plutôt qu’à travers l’expansion des zones agricoles qui se ferait au dépend des forêts», a déclaré Eva Müller, Directrice de la Division de la FAO chargée des politiques et des ressources forestières. «Ce dont nous avons besoin, c’est d’une meilleure coordination intersectorielle des politiques liées à l’agriculture, à la foresterie, à l’alimentation et à l’utilisation des terres, d’un meilleur aménagement du territoire, de cadres juridiques efficaces et d’une plus implication majeure des communautés et des exploitants locaux».

«Les gouvernements doivent assurer aux communautés locales la sécurité des droits fonciers et des droits forestiers. L’agriculteur est le mieux placé pour savoir comment gérer ses propres ressources, mais souvent il ne dispose pas des instruments juridiques pour le faire», a-t-elle ajouté.

(Interview: Dominique Reeb, Chef d’équipe “foresterie sociale” au siège de la FAO; propos recueillis par Murielle Sarr)

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08/12/2017
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