El Niño : la situation des enfants dans les zones touchées continue de s'aggraver, selon l'UNICEF

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En Ethiopie, un agent de santé mesure le tour de bras de Nébila, 28 mois, qui a été diagnostiquée comme souffrant de malnutrition aiguë sévère. Photo : UNICEF / UN022074 / Ayene

Malgré la fin du phénomène climatique El Niño qui sévissait depuis 2015, ses effets dévastateurs sur les enfants continuent de s’aggraver en raison des sécheresses et inondations qu’il a laissées dans son sillage, indique un nouveau rapport du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), publié vendredi.

Ce rapport, intitulé ‘Ce n’est pas fini : les conséquences d’El Niño pour les enfants’, souligne par ailleurs qu’un autre phénomène climatique opposé et étroitement lié à El Niño, appelé La Niña, risquerait de faire son apparition plus tard cette année. La Niña pourrait fortement aggraver la grave crise humanitaire qui touche des millions d’enfants dans les communautés déjà touchées par le phénomène El Niño 2015-2016, l’un des plus forts jamais enregistrés.

« [Ils] ont besoin de soutien pour survivre ; ils ont besoin d’aide pour se préparer à l’éventualité que La Niña exacerbe la crise humanitaire ; et ils ont besoin d’aide pour renforcer la prévention des catastrophes et l’adaptation au changement climatique, qui est la principale cause de l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes », a déclaré la Directrice des programmes d’urgence de l’UNICEF, Afshan Khan.

Le rapport indique en effet que, dans les zones les plus touchées, les conditions météorologiques extrêmes ont augmenté la malnutrition, perturbé la scolarité des enfants, privé leurs familles de leurs moyens de subsistance et contribué à la propagation des maladies.

En Afrique orientale et australe, les deux régions du monde les plus touchées, le rapport souligne qu’environ 26,5 millions d’enfants ont besoin d’aide humanitaire, dont plus d’un million d’entre eux souffrent de malnutrition aiguë sévère.

En raison de la sécheresse, certains enfants dans les zones les plus affectées sont obligés de parcourir de longues distances pour aller chercher de l’eau au lieu d’aller en classe, tandis que d’autres ont été contraints de quitter leur foyer avec leurs familles après la perte de leurs récoltes ou de leur bétail. En outre, la déscolarisation contribue aux risques d’abus et d’exploitation des enfants, voire, dans certaines régions, au mariage des enfants.

El Niño a également affecté l’accès à l’eau potable dans plusieurs pays et a contribué à l’augmentation des maladies telles que la dengue, la diarrhée et le choléra, qui sont une cause de mortalité importante chez les enfants.

Selon l’UNICEF, en Amérique du Sud, et en particulier au Brésil, El Niño a créé des conditions favorables pour la reproduction des moustiques responsables de la transmission du Zika, de la dengue, de la fièvre jaune et du chikungunya. Si La Niña apparait d’ici la fin de l’année, précise le rapport, elle pourrait contribuer à la propagation du virus Zika dans des zones qui ne sont pas affectées à ce jour.

Le rapport met en garde également contre une possible recrudescence de la transmission du VIH/sida liée à El Niño en Afrique australe. En effet, le manque de nourriture restreint l’accès aux thérapies antirétrovirales, dans la mesure où les patients ont tendance à ne pas prendre le traitement à jeun.

Le rapport prévient que la sécheresse peut également forcer les femmes et les adolescentes à recourir à des relations sexuelles transactionnelles pour survivre.

« Le monstre El Niño de 2015- 2016 a clairement démontré la nécessité d’intensifier nos efforts en matière de préparation en cas d’urgence, de réduction des risques de catastrophe et d’adaptation au changement climatique, à un moment où le changement climatique déclenche des événements météorologiques extrêmes de plus en plus graves et fréquents », conclut le rapport.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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16/10/2017
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