Burkina Faso : un organe de l'ONU se félicite de la réouverture du dossier Sankara

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Une affiche prônant la paix à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso (photo: Chris Simpson/IRIN).

Le Comité des droits de l'homme de l'ONU s'est inquiété des allégations de torture et de mauvais traitements infligés par des membres des forces de sécurité et par des agents pénitentiaires, notamment au service régional de la police judiciaire de Wemtenga. Mais cet organe onusien s'est surtout félicité de la mise en place de deux Commissions d'enquête pour faire la lumière sur les crimes et graves violations des droits de l'homme commis depuis 1960 et lors des évènements politiques ayant suivi le départ de l'ancien Président Blaise Compaoré.

 

En présentant ce vendredi 15 juillet à Genève ses observations finales sur le Burkina Faso, le Comité des droits de l'homme de l'ONU a invité les nouvelles autorités de Ouagadougou à « faire la lumière » sur les crimes du passé et « poursuivre les auteurs présumés et sanctionner les coupables proportionnellement à la gravité de l'infraction ». A cet égard, l'organe onusien s'est ainsi félicité de la réouverture de certains dossiers, « notamment ceux relatifs aux assassinats de Thomas Sankara et de Norbert Zongo ».

En revanche, le Comité s'est inquiété de la « lenteur de certaines enquêtes », notamment eu égard à la responsabilité pénale des forces de l'ordre et de sécurité. Il s'agit généralement de la reddition compte sur ces allégations sur de graves abus commis « par l'armée, y compris le Régiment de sécurité présidentielle, la gendarmerie, et la garde pénitentiaire lors de troubles politiques et sociaux de ces dernières années ». Le Comité reproche ainsi aux forces de sécurité un usage excessif et disproportionné de la force ayant entraîné des dommages corporels et des morts et les entraves à des rassemblements pacifiques. A cet égard, les experts du Comité invitent Ouagadougou à « redoubler d'efforts pour que toutes les allégations de violations graves des droits de l'homme commises par l'armée, y compris le Régiment de sécurité présidentielle fassent rapidement l'objet d'une enquête approfondie et impartiale, que les auteurs de ces violations soient poursuivis et dûment sanctionnés et que les victimes reçoivent une indemnisation adéquate ».

Par ailleurs, le Comité s'est préoccupé de l'augmentation du sentiment d'insécurité et la défiance envers la justice qui se traduisent par « des cas de vindicte populaire et de lynchage de personnes soupçonnées d'infractions et l'apparition de milices d'autodéfense, notamment les « Koglweogo », dont certaines se livreraient à des extorsions de fonds, arrestations et détentions illégales, sévices corporels et meurtres notamment ». Le Comité invite donc les nouvelles autorités à éviter que les milices d'autodéfense, et notamment les « Koglweogo », se substituent à l'État et exécutent des missions de maintien de l'ordre. Une façon pour les experts de dénoncer « l'illégalité de la justice expéditive et populaire »

Il faut juste rappeler que le Burkina Faso a soumis, avec 14 ans de retard, son rapport au Comité des droits de l'homme dont la 117e session s'est tenue du 20 juin à ce vendredi 15 juillet.

(Extrait sonore : Olivier de Frouville, Membre du Comité des droits de l'homme de l'ONU ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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14/12/2017
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