Bahreïn : l'ONU déplore la décision de dissoudre le principal parti d'opposition

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Des manifestants à Manama, à Bahreïn, en décembre 2011. Photo archives Al Jazeera English

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme regrette profondément la décision de Bahreïn de dissoudre Al Wefaq, le principal groupe d’opposition du pays. La décision du Tribunal du Bahreïn a suivi la fermeture initiale d'Al Wefaq, le 14 Juin. En dépit des appels pressants de la communauté internationale adressés aux autorités du Bahreïn visant à chercher à désamorcer les tensions inquiétantes dans le pays, le Haut-Commissariat regrette la décision de maintenir l’interdiction. Les informations disponibles suggèrent que l’audience du tribunal sur l’interdiction a été tenue sans le respect des principes d'un procès équitable.

L’interdiction d’Al Wefaq est la dernière d’une série de mesures prises ces derniers mois qui semblent conçues pour supprimer toute dissidence. Le Haut-Commissariat exhorte les autorités et les institutions nationales des droits de l’homme en place au Bahreïn, à prendre des mesures de confiance immédiates pour garantir le respect des droits à la liberté d’expression pacifique, de réunion et d’association. Le Haut-Commissariat exhorte les autorités à revoir la décision d’interdire Al Wefaq et d’autres organisations qui ont été suspendues pour avoir exercé pacifiquement leurs droits.

Lundi déjà, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait deplore la décision de dissoudre Al Wefaq.

« Cette décision est la dernière en date d’une série de restrictions des droits de réunion pacifique, de liberté d’association et de liberté d’expression à Bahreïn », avait déploré le chef de l’ONU dans un communiqué de presse rendu public par son porte-parole.

Le Secrétaire général avait souligné que la dissolution d’Al Wefaq, le retrait de la citoyenneté de Cheikh Issa Qassem et d’autres leaders de l’opposition, l’interdiction de voyage imposée aux défenseurs des droits de l’homme, et la « l’augmentation de la peine de justice » à l’encontre du Secrétaire général de Al Wefaq, Cheikh Ali Salman, risquaient de conduire à une escalade de la situation, « déjà tendue dans le pays ».

Ban Ki-moon, avait par conséquent appelé à la reprise d’un dialogue national ouvert à tous, dans l’intérêt de la paix et de la stabilité de Bahreïn et de la région.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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