Ukraine: l'ONU décrit une situation dans l'est toujours « sombre »

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Des hommes du village de Nikishine : à Donetsk, comme dans le reste de l’Est de l’Ukraine, il y a une persistance des abus des droits humains. (Photo : UNHCR/I. Zimova)

Les Nations unies ont accusé vendredi à la fois les autorités ukrainiennes et les groupes armés rebelles de torturer leurs prisonniers dans l'est du pays en proie à un conflit armé depuis plus de deux ans. Ce nouveau rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme montre que la situation dans l'est de l'Ukraine continue à être instable et à avoir un fort impact sur les droits humains, en particulier pour les personnes vivant près de la ligne de contact et dans les territoires contrôlés par les groupes armés.

 

« Disparitions forcées, détentions arbitraires, torture et mauvais traitements restent des pratiques courantes dans les territoires contrôlés par les groupes armés, tout comme dans ceux contrôlés par le gouvernement ». Dans ce rapport publié ce vendredi à Genève, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme (HCDH) documente ainsi ce qu'il considère comme « des tendances persistantes en matière de violations des droits de l'homme dans l'est de l'Ukraine ».

Autre source de préoccupation, « plusieurs cas de violence sexuelle en lien avec le conflit » documentés par le personnel des droits de l'homme de l'ONU. « La majorité des allégations suggère que les menaces de viols et autres formes de violence sexuelle sont utilisées comme méthode de mauvais traitement et de torture dans le cadre de détentions arbitraires ou illégales à l'encontre d'hommes et de femmes », fait remarquer le rapport. L'ONU indique que les menaces de violence sexuelle, d'atteinte physique ou de mort contre des femmes de la famille, ou leur détention, sont souvent utilisées pour forcer les détenus à avouer, renoncer à des biens ou à réaliser des actions exigées par leurs auteurs, et comme une condition explicite pour garantir leur sécurité ou leur libération.

De façon générale, les Nations Unies rappellent que « l'impunité demeure l'une des caractéristiques majeures de ce conflit ». « L'impunité des éléments chargés de l'application de la loi et de la sécurité pour les violations des droits de l'homme reste répandue et est souvent justifiée par les défis posés par le conflit armé en cours. Dans les territoires contrôlés par les groupes armés, la loi et l'ordre se sont effondrés et des structures illégales parallèles se sont développées », précise le rapport. « La situation dans l'est de l'Ukraine reste profondément préoccupante » et sans l'application de l'Accord de Minsk, « elle pourrait évoluer en un « conflit prolongé » ou « pourrait connaître une nouvelle escalade, avec de terribles conséquences pour une population civile qui n'a déjà que trop souffert », a d'ailleurs averti Ivan Simonovic, Secrétaire général adjoint aux droits de l'homme, au terme d'une visite de sept jours en Ukraine.

Depuis son déclenchement en avril 2014, le conflit entre les forces ukrainiennes et les rebelles prorusses a fait 9.300 morts et 21.500 blessés, selon l'ONU.

(Interview : Alexandre Girard, Expert à la Branche Europe du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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