Soudan du Sud : le Conseil des droits de l'homme préoccupé par la précarité de la situation sécuritaire

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Le Conseil des droits de l'homme poursuit à Genève les travaux de sa 32e session avec ce mercredi l'examen de la situation des droits humains au Soudan du Sud. A cet égard, Kate Gilmore, Haut-Commissaire adjointe a souligné que plus de deux ans après le début de la première crise dans ce pays, la sécurité reste extrêmement précaire et les violations des droits de l'homme et autres infractions au droit international persistent. Le Soudan du Sud est ainsi plongé dans une grave crise humanitaire, avec 1,6 million de personnes déplacées internes et 600.000 réfugiés dans les pays voisins.

 

Malgré l’entrée en vigueur de l'accord de paix entérinant la constitution d'un gouvernement d'union nationale, la situation reste précaire au Soudan du Sud. Devant le Conseil des droits de l'homme ce mercredi, la Haut-Commissaire adjointe de l'ONU s'est inquiétée de la poursuite de la violence dans l'Equateur central et à Bahr el Ghazal. Des violences sporadiques entre forces gouvernementales et  un nombre croissant de groupes armés ayant émergé tout récemment face à l'insécurité croissante dans ce pays.

Avec cette instabilité, les attaques contre les humanitaires sont en hausse au Soudan du Sud. Depuis le début de la guerre, 55 travailleurs humanitaires ont été tués dans ce pays.

Kate Gilmore note que certains de ces abus commis depuis le début du conflit civil pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Et elle insiste sur la reddition des comptes. « Malgré les engagements renouvelés par les parties au conflit de mettre fin à la violence et demander des comptes aux auteurs des violations des droits de l'homme, il n'y aucune preuve d'un effort réel consenti par le Gouvernement et l'opposition SPLA/IO d'enquêter sur ces abus ni sur des poursuites contre les auteurs de tels actes »

De son côté le Chargé d'affaires du Soudan du Sud à Genève a plaidé pour l'implantation de mécanismes locaux. Selon Akech Chol Ahou Ayok, cette justice transitionnelle s'inspirerait des juridictions populaires du Rwanda, dites Gacaca (prononcer Gatchatcha).

(Correspondance d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Kate Gilmore, Haut-Commissaire adjointe de l'ONU aux droits de l'homme).

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14/12/2017
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