République centrafricaine : le Conseil des droits de l'homme préoccupé par le regain de tension à Bangui et en province

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La Mission de l'ONU en RCA lors d'une opération conjointe à Bangui en 2015. Photo MINUSCA/N. Markogiannis

Au retour de sa visite d'une dizaine de jours en Centrafrique, une Experte indépendante de l'ONU s'est inquiétée de la dégradation très rapide de la situation sécuritaire dans ce pays. Une détérioration constatée seulement quelques mois après l'organisation réussie des élections présidentielles et législatives en République centrafricaine (RCA).  Au Conseil des droits de l'homme de l'ONU ce mardi à Genève, Marie-Thérèse Keita Bocoum a ainsi déploré les pertes en vies humaines et les déplacements de populations liés aux incidents survenus le 11 juin à Ngaoundaye, dans l'Ouest de la RCA et le 20 juin dernier dans le quartier musulman du PK5 à Bangui.

 

En dépit des priorités posées par le Président Touadéra, beaucoup de groupes restent, dans les faits, armés, contrôlant une partie du territoire, menaçant la stabilité et la sécurité des populations et le retour effectif de l'administration. Devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, l'Experte indépendante sur la situation des droits de l'homme en République centrafricaine s'est vivement préoccupée du nouveau regain de tension dans ce pays. « Si dans les faits, le programme pré-DDR a débuté dans certaines localités, beaucoup de groupes restent armés, contrôlant une partie du territoire, menaçant la stabilité et la sécurité des populations et le retour effectif de l'administration », fait-elle remarquer.

Selon Marie-Thérèse Keita Bocoum, les populations centrafricaines attendent de réels changements, des progrès concrets vers la bonne gouvernance, la paix et le redressement économique et social. Or, durant sa visite, elle indique avoir « ressenti les frustrations des jeunes et des communautés qui se sentent marginalisés, exclus ».

A cet égard, Mme Keita Bocoum est revenue sur les défis à relever par le Gouvernement qui sont gigantesques, avant de rappeler que le retour à la sécurité, par la réforme des forces nationales de sécurité et de défense, est « une condition indispensable à l'apaisement des craintes et des tensions qui persistent ».

Au titre de pays concerné, le Représentant permanent de la RCA auprès de l'ONU à Genève a d'ailleurs reconnu que la sécurité, l'impunité et la reprise de l'administration sur tout le territoire restent une préoccupation majeure alors que son pays vient juste « de revenir à la normalité ».  « Des élections libres et démocratiques ont eu lieu », a concédé l'Ambassadeur Léopold Samba.  Il a averti qu'aucune paix durable, aucune stabilité ne saurait exister aussi longtemps que l'État n'aura pas le strict minimum pour gérer le pays. En conclusion, la délégation centrafricaine a précisé que les priorités de la République centrafricaine reposent sur trois piliers: la sécurité, le désarmement des groupes armés et la réconciliation nationale.

(Interview : Marie-Thérèse Keita Bocoum, Experte indépendante sur la situation des droits de l'homme en République centrafricaine ; Propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/10/2017
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