Philippines : des experts de l'ONU regrettent des propos du Président élu Duterte sur les journalistes

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Photo: ONU

Deux experts indépendants des droits de l’Homme des Nations Unies ont exhorté lundi le nouveau président philippin Rodrigo Duterte à arrêter d’inciter à la violence, en particulier contre les journalistes. Christof Heyns et David Kaye ont d'ailleurs jugé ses déclarations « irresponsables ».

Les dernières déclarations du Président élu philippin inquiètent des experts indépendants de l'ONU. En suggérant que les journalistes ne sont pas exempts d'assassinat, ces propos de Rodrigo Duterte ont été vivement condamnés par ces responsables onusiens. Des déclarations qui risqueraient d'alimenter les craintes de voir de nouveaux meurtres de journalistes dans le pays.

« Un message de cette nature est une incitation à la violence et à l'homicide, dans un pays déjà classé comme le second plus meurtrier au monde pour les journalistes », a d'ailleurs mis en garde le Rapporteur de l’ONU sur les exécutions sommaires. Dans ce communiqué conjoint, Christof Heyns a qualifié les récentes remarques de M. Duterte d’« irresponsables à l’extrême et inappropriées de la part d’un dirigeant ».

De son côté, le Rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté d’expression, s’est également alarmé des propos de M. Duterte. David Kaye redoute que « justifier » le meurtre de journalistes par la manière dont ils exercent leur activité professionnelle » puisse « être interprété comme un feu vert par des assassins potentiels ».

M. Kaye a notamment fait référence au massacre de 32 journalistes en novembre 2009 dans la province de Maguindanao, l’une des attaques les plus sanglantes au monde menées à ce jour contre des journalistes. Une façon de rappeler que Manilles reste l’un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes.

(Correspondance d'Alpha Diallo à Genève pour la Radio des Nations Unies)

 

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11/12/2017
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