Niger: l'urgence de l'eau pour ces déplacés de Bosso victimes de Boko Haram

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Des réfugiés nigérians à leur arrivée au camp de Sayam Forage, au Niger. Photo: UNHCR/Helene Caux

« Ce que nous avons vu, ce sont des populations en mouvement ». A son retour d'une mission des humanitaires dans la ville de Bosso, la Représentante de l'UNICEF au Niger évoque une situation toujours précaire dans les trois sites de déplacés situés à 50 kilomètres de Diffa. Et selon Viviane Van Steirteghem, l'urgence est d'approvisionner de l'eau aux milliers de déplacés ayant fui les exactions de Boko Haram.

 

Au Niger, la situation des populations qui ont fui les dernières attaques de Boko Haram de ce mois de juin reste précaire. Selon l'UNICEF, près de 57.000 personnes se sont déplacées depuis le début du mois de juin sur la ville de Bosso, dans le sud du pays. Les déplacés sont essentiellement des femmes et des enfants. Les jeunes et les hommes ne partent pas, ou plus rarement, comme l'explique Viviane van Steirteghem, représentante de l'Unicef au Niger. En effet, les hommes doivent souvent rester pour veiller sur les rares biens qui leur restent et avec le début de la saison des pluies, il faut pour qu'ils «puissent cultiver, qu'ils soient proches de leur champ ». « Là il a commencé à pleuvoir, fait d'ailleurs remarquer Viviane van Steirteghem. Alors il faut qu'ils commencent à planter pour avoir de quoi survivre durant la très longue période sèche.»

Lors de ces visites de terrain, les humanitaires ont constaté que les populations manquent de tout et ces derniers déplacements ont aggravé une situation déjà difficile. A cet égard, l'UNICEF insiste sur les efforts colossaux déployés par les humanitaires pour amener de l'eau dans le désert à des dizaines de milliers de personnes fuyant Boko Haram dans le sud-est du Niger et éviter une catastrophe. « L'eau est la préoccupation majeure car il faut tout faire pour éviter que les déplacés meurent de soif dans des zones où les températures frôlent les 40 degrés », avertit la Représentante de l'UNICEF.

Par ailleurs, l'UNICEF et ses partenaires se sont engagés dans une « course contre la montre » pour régler les problèmes d'assainissement et d'hygiène dans les camps de déplacés de la région de Diffa. Car avec la saison des pluies, les humanitaires redoutent une résurgence du choléra avec « l'afflux de déplacés vivant dans des camps mal assainis ». Dans le cadre de cette politique de prévention, l'UNICEF va également lancer dans les jours à venir une nouvelle campagne de vaccination contre la rougeole. Et avec la saison des pluies, des mesures de prévention sont également prévues pour lutter contre le paludisme.

(Interview : Viviane van Steirteghem, Représentante de l'UNICEF au Niger; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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