Niger: 50 000 personnes fuient la ville de Bosso attaquée par Boko Haram

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Boussam, une réfugiée nigériane, plante un piquet pour construire un abri au camp de Sayam Forage, dans la région de Diffa au Niger. © HCR / Hélène Caux

Au Niger, les habitants de Bosso continuent de fuir cette localité attaquée depuis vendredi dernier par Boko Haram. Cette ville mise à sac par les djihadistes nigérians est aux abords du lac Tchad et frontalière du Nigeria. Sur place, les témoignages recueillis par les organismes humanitaires font état d'une ville de Bosso qui ressemble aujourd’hui à une ville fantôme dépeuplée de ses habitants. Et selon, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), près de 50.000 personnes ont été déplacées lors de l’attaque massive menée vendredi par le groupe djihadiste Boko Haram à Bosso dans le sud-est du Niger.

Les habitants de Bosso laissent derrière eux une ville déserte. Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) estime que 50.000 personnes ont fui l’attaque de vendredi” et la majorité d’entre elles se sont rendues à pied dans la ville de Toumour, à 30 km à l’ouest de Bosso. D’autres se dirigent vers Diffa, à 140 km à l’ouest de Bosso, ou Kabelawa, au nord de Bosso, où se trouve un camp pouvant abriter 10.000 personnes mais qui est déjà presque au complet.
En raison de l'insécurité, l'Agence onusienne basée à Genève n’est plus présente à Bosso depuis février 2015. Mais le HCR travaille avec les autorités et des partenaires locaux pour mettre sur pied une “réponse coordonnée” pour venir en aide aux déplacés. Des déplacés qui vivent désormais sans abri et ont besoin d’aide, notamment de l'eau, nourriture, abris et soins médicaux.
Et face à la gravité de la situation sur place au Niger, une équipe du HCR doit être déployée dans la région de Diffa cette semaine.
Selon les statistiques gouvernementales à la mi-mai, la région accueillait plus de 241 000 personnes déracinées, y compris des réfugiés nigérians, des personnes déplacées internes au Niger et des ressortissants nigériens de retour qui vivaient auparavant au Nigéria. La plupart de ces déplacés internes nigériens et réfugiés nigérians vivent aux dépens d’une population locale déjà très pauvre, selon l’ONU qui demande à la communauté internationale d’accroître son soutien financier.

(Interview : Benoit Moreno, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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11/12/2017
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