Migration : le désert du Sahara, l’autre tombeau des migrants africains

Écouter /

Des migrants nigérians refoulés d’Algérie dans un centre de transit d’Agadez, au Niger. Photo: IOM/Amanda Nero

Ce sont parfois des migrants précaires qui utilisent la périlleuse voie du désert du Niger vers l'Algérie, une escale avant de trouver d'autres moyens de rejoindre l'Europe. Et ils doivent payer 300 à 500 dollars américain pour cet itinéraire. Mais en l’absence de missions de sauvetage ou de patrouilles comme en Méditerranée, les drames sur la route du désert sont très fréquents. Et le Sahara est tout aussi périlleux que la Méditerranée, comme en témoigne cette découverte macabre de 34 corps de migrants morts de soif à la frontière entre le Niger et l'Algérie.

 

C'est une route moins médiatisée que les autres voies empruntées par les migrants pour rejoindre la Mer Méditerranée, mais elle est perçue par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) comme une voie périlleuse. Une traversée en terre ferme généralement utilisée par les réseaux criminels et dangereuse en raison des conditions climatiques très désertiques avec des températures moyennes avoisinant les 40 degrés. Des conditions qui font du Sahara, l’autre tombeau des migrants. Et dernier épisode de cette tragédie, la découverte de 34 corps de migrants retrouvés cette semaine dans le désert, près d’Assamaka, un poste-frontalier  entre le Niger et l’Algérie. Des corps déshydratés dont cinq hommes, neuf femmes et surtout vingt enfants. Selon l'OIM, ils sont probablement morts de soif et selon toute vraisemblance, ces personnes ont été abandonnées par leurs passeurs, il y a une semaine de cela. Le Sahara pourrait bien être aussi meurtrier que la mer Méditerranée, mais seule une petite fraction de ceux qui y meurent chaque année est comptabilisée, souligne l’OIM.

Lors d'un point de presse ce vendredi à Genève, le porte-parole de l'OIM rappelle qu'au moins 250 migrants sont morts de faim ou de soif au Soudan et en Libye uniquement. Joel Millman note que depuis un an et demi, 678 migrants sont portés disparus sur le continent africain dont 471 depuis le début de l'année et majoritairement en Afrique du Nord et sur la Corne de l'Afrique.

(Correspondance d'Alpha Diallo à Genève, pour la Radio des Nations Unies)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...