Genève : le Chef des droits de l'homme dénonce le « désastre en cours en Syrie »

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Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, à l’ouverture de la 32e session du Conseil des droits de l’homme à Genève (Photo: ONU/J. M. Ferré)

A l'ouverture ce lundi à Genève de la 32e session du Conseil des droits de l'homme, le Chef des droits de l'homme de l'ONU s'est alarmé que dans de nombreuses parties du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, les forces vives de la société soient écrasées par la répression, le conflit ou l'anarchie violente. A en croire Zeid Ra'ad Al Hussein, la torture, les exécutions sommaires et les arrestations arbitraires sont des attaques contre la sécurité et non pas des mesures de sécurité. Une façon de rappeler l'importance du respect des droits humains dans la lutte contre l'extrémisme violent et le terrorisme.

 

Le remède à la barbarie de l'extrémisme violent est la primauté de l'Etat de droit. Telle est la conviction du Chef des droits de l'homme de l'ONU. Conviction exprimée ce lundi à l'ouverture de la 32e session du Conseil des droits de l'homme. Selon Zeid Ra'ad Al Hussein, la meilleure façon de lutter contre le terrorisme et de stabiliser le Moyen-Orient est de lutter contre la discrimination, la corruption, l'inégalité, la mauvaise gouvernance ou le déni des libertés fondamentales.

Comme en écho à ses avertissements, le Haut-Commissaire s'est d'ailleurs préoccupé du « désastre en cours en Syrie ».  Les tortures, les détentions arbitraires, les disparitions forcées, la destruction des hôpitaux continuent alors que femmes et enfants sont victimes d'abus de la part de fanatiques témoignant d'un sadisme qui ne peut se réclamer d'aucune religion.  Pour M. Zeid, ces crimes violents et systématiques infligés au peuple syrien déshonorent profondément les responsables.

Dans ce tour d'horizons, le Chef des droits de l'homme a ensuite comparé les hotspots sur les îles grecques à des « zones de confinement forcé » pour les réfugiés. Il a aussi dénoncé la « rhétorique anti migrants » qui se répand sur le continent européen.

Sur le dossier africain, le Chef des droits de l'homme s'est inquiété des discours haineux fondés sur l'appartenance ethnique prononcés il y a deux semaines dans le Sud du Burundi contre les Tutsis par des membres de la milice Imbonerakure. Zeid Ra'ad Al Hussein a enfin dénoncé la rhétorique incendiaire du Président de Gambie, Yahya Jammeh, à l'égard du groupe ethnique des mandingues menacés de morts et comparés à des animaux.

(Correspondance d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme).

 

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15/12/2017
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