Drogues : cannabis toujours plus consommé et inondation de l'héroïne dans les marchés

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Saisie de drogue en Haiti. La police nationale a détruit plus de deux tonnes de drogue, principalement de la marijuana et de la cocaine, avec l’aide de la MINUSTAH, la Mission des Nations Unies déployée dans le pays (Crédit photo: ONU/Victoria Hazou)

Un adulte sur 20 a consommé au moins une drogue en 2014. Dans son rapport annuel publié jeudi à Genève, l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) note que cela représente 250 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans. Un chiffre équivalant approximativement aux populations de l'Allemagne, de la France, de l'Italie et du Royaume-Uni réunies.

Avec 183 millions de personnes l'ayant consommé, le cannabis reste toujours la drogue la plus couramment consommée à l'échelle mondiale, suivie par les amphétamines. Si sa consommation est restée stable à l'échelle mondiale ces trois dernières années, les Amériques, suivies par l'Afrique, restent cependant les régions où l'on enregistre les plus fortes production et consommation d'herbe de cannabis: en 2014, les trois quarts environ des saisies mondiales d'herbe ont été réalisées dans les Amériques, surtout en Amérique du Nord tandis que 14 % l'ont été en Afrique et 5 % en Europe. En revanche, l'Europe, l'Afrique du Nord, ainsi que le Proche et le Moyen-Orient demeurent les principaux marchés de la résine de cannabis, toujours produite en majeure partie au Maroc et en Afghanistan.

Autre enseignement du rapport, la culture mondiale d'opium a diminué de plus d'un tiers en 2015, après avoir atteint des records l'année précédente, mais l'héroïne va continuer d'inonder les marchés mondiaux en raison du niveau des stocks. Dans son rapport annuel publié jeudi, l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) relève que la «très forte baisse» de 38% observée l'an passé a ramené la production mondiale à 4.770 tonnes contre 7.730 tonnes en 2014, année où la culture mondiale avait atteint l'un de ses plus hauts niveaux depuis les années 30.

Concernant la cocaïne, après une période de stabilité, son usage a également augmenté depuis 2010, ce qui s'explique avant tout par la hausse observée en Amérique du Sud. À l'inverse, la consommation d'amphétamines semble stable, bien que le manque d'informations récentes sur le phénomène dans certaines sous-régions, notamment en Asie de l'Est et du Sud- Est, puisse conduire à en sous-estimer l'ampleur.

Sur un autre plan, le document montre que la prison reste un milieu où les risques de contraction de maladies infectieuses sont élevés dans de nombreux pays. Ce qui constitue une préoccupation majeure pour ce qui est de la santé des détenus. Le rapport de l'ONUDC montre que l'usage de drogues, notamment d'opiacés et de drogues injectables, est très répandu dans les établissements pénitentiaires. En outre, la prévalence de l'infection à VIH, de l'hépatite et de la tuberculose parmi les détenus peut être sensiblement plus élevée que parmi la population générale.

Sur les 29 millions d'usagers de drogues dures estimés dans le monde, 17 millions ont une addiction aux opiacés, dont l'héroïne, l'opium et la morphine. Il faut souligner que 12 millions d'entre eux pratiqueraient l'injection et que 14,0 % de ceux-ci vivraient avec le VIH. « On peut affirmer que la consommation de drogues continue d'avoir des effets dévastateurs sur la santé », fait remarquer le rapport. A cet égard, 207 400 décès auraient été liés à la drogue en 2014. Si ce nombre est également stable, il n'en témoigne pas moins d'une situation inacceptable qui pourrait être évitée. Les morts par surdose représentent entre un tiers et la moitié à peu près des décès liés à la drogue, dont la plupart peuvent être attribués à la consommation d'opioïdes.

(Extrait sonore : Chloé Carpentier, Chef de la Section de recherche sur les drogues à l'ONUDC ; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

 

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17/10/2017
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