Conseil des droits de l'homme : un Expert indépendant de l'ONU préoccupé par la dernière vague de déplacements en Iraq

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Le Conseil des droits de l’homme lors des travaux de sa 32e session au début de mois juin 2016 à Genève (Photo: ONU / Jean-Marc Ferré).

Les Iraquiens font partie des millions de personnes déracinées mentionnées dans le dernier rapport du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés publié ce lundi à Genève. Les récents mouvements de population à Fallouja confirment ces tendances de déplacements de populations sans précédent à travers le monde. C'est dans ce contexte que le Conseil des droits de l'homme s'est saisi aujourd'hui du rapport du Rapporteur spécial sur les personnes déplacées. Chaloka Beyani a plaidé pour d'importantes mesures de protection et d'assistance en faveur des personnes déplacées iraquiennes.

« De nouvelles vagues de déplacement ont exercé une pression sur le Gouvernement iraquien et rétrécit les activités des partenaires humanitaires, fait remarquer Chaloka Beyani.  Les dernières offensives de l'armée pour reprendre des territoires à l'Etat islamique de l'Iraq et du Levant risquent fortement de générer de nouveaux déplacements. Des chiffres alarmants montrent que des femmes et des filles déplacées internes ont subi une violence sexuelle, des mariages forcés et l'esclavage sexuel.  En outre, la violence perpétrée par Daech semble s'inscrire dans une stratégie de nettoyage systématique de certaines communautés ethniques et religieuses dans des zones où elles vivent depuis des siècles. 

Bien qu'il s'agisse d'un pays à revenu moyen, les ressources de Bagdad ont diminué et des financements supplémentaires des donateurs seraient nécessaires pour alléger les souffrances humaines des déplacées.  L'Iraq et la communauté internationale doivent donc se préparer à de nouveaux scénarios sur les déplacements prolongés des populations afin de fournir une attention essentielle et des ressources pour promouvoir la reconstruction et le renforcement des activités de résilience qui sont nécessaires pour garantir des solutions durables aux personnes déplacées ».

Autre source de préoccupation, la situation en Syrie où Chaloka Beyani s'est rendu du 16 au 19 mai 2015. Le Rapporteur spécial a fait savoir que le conflit avait causé la plus profonde crise de déplacements depuis la Deuxième guerre mondiale, avec plus de 11 millions de personnes déplacées soit à l'intérieur de la Syrie, soit dans les pays avoisinants.  L'ampleur des besoins en matière de protection et en termes humanitaires est écrasante, a-t-il affirmé, ajoutant que ceux qui sont encore à l'intérieur du pays courent des risques élevés de violence et de violation de leurs droits de l'homme.

(Extrait sonore : Chaloka Beyani, Rapporteur spécial sur les droits de l'homme des personnes déplacées dans leur propre pays)

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16/10/2017
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