Conseil des droits de l'homme: la double peine des victimes de Boko Haram

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Des réfugiés nigérians au Niger (Photo: ONU/H. Caux).

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU poursuit les travaux de sa 32e session et a examiné tard mardi soir un rapport de différents experts indépendants au sujet d'une mission conjointe effectuée au Nigéria au début de l'année. Il s'agissait pour le Rapporteur spécial sur le droit à la santé, de l'Experte sur la vente d'enfants et la Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines d'esclavage d'examiner la réhabilitation des femmes et des enfants libérés du contrôle de Boko Haram.  Les trois experts ont constaté la complexité du processus de réadaptation des victimes de violences extrêmes, évoquant notamment la nécessité de lutter contre les stigmatisations.

 

Pour les trois experts indépendants de l'ONU, cela ressemble à une double peine. Une grande partie des victimes de Boko Haram qui ont été gardées captives ont non seulement été victimes d'abus sexuels et très traumatisées, mais elles ne sont parfois pas les bienvenues dans leurs communautés. Très souvent, des soupçons pèsent sur elles, certains pensant qu'elles sont de mèche avec Boko Haram. Un soupçon du syndrome de Stockholm qui se traduit par le fait que certains otages, après avoir longtemps vécu avec leur geôlier, sont accusés ensuite d'épouser leur point de vue.

La Rapporteuse spéciale sur la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie a aussi insisté sur le fait que certaines femmes ou filles victimes reviennent enceintes. Et selon Maud De Boer-Buquicchio, leurs enfants à venir ne sont pas généralement les bienvenus.

En conclusion, les trois experts ont relevé l'importance de mettre sur pied des mesures de soutien individuel pour ces victimes, mais également de collaborer avec les communautés et les dirigeants. Selon ces responsables, il faut un soutien psychologique aux victimes de Boko-Haram et l'accès à un travail digne, dans le respect des normes internationales.

(Extrait sonore : Maud De Boer-Buquicchio, Rapporteuse spéciale sur la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie)

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15/12/2017
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