Centrafrique : l’ONU condamne une flambée de violence dans l’ouest du pays

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La Mission de l'ONU en République centrafricaine (MINUSCA) et la police nationale lors d'une opération conjointe à Bangui en 2015. Photo MINUSCA/Nektarios Markogiannis

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) s’est dit vendredi fortement préoccupée par l’escalade de la violence constatée depuis le 10 juin 2016 à Ngaoundaye, dans l’ouest du pays.

« Une suite d’attaques et de représailles entre les groupes d’auto-défense soutenus par les Anti-balaka et les éleveurs transhumants soutenus par les ex-Seleka a gravement détérioré la situation sécuritaire », a noté la Mission dans un communiqué de presse.

Les combats ont occasionné un déplacement important de population civile. Un certain nombre a également trouvé refuge à la paroisse de Ngaoundaye et d’autres ont regagné le Cameroun. Des maisons ont été brulées et des biens saccagées.

La MINUSCA a condamné « dans les termes les plus fermes cette flambée violence dont l’impact est dévastateur sur les civils ».

Elle a appelé les groupes armés et les mouvements qui leurs sont affiliés à mettre l’intérêt des civils au-dessus de toute autre considération. La MINUSCA a réitéré sa disponibilité, en collaboration avec le gouvernement centrafricain et les acteurs impliqués dans ces incidents, à trouver une solution à cette crise liée au problème majeur de la transhumance.

En réponse à l’escalade de la violence, la force de la MINUSCA s’est interposée entre les belligérants. Le dispositif sécuritaire a été renforcé à Ngaoundaye et dans ses environs. La MINUSCA planifie d’envoyer davantage de renforts dans la zone affectée, notamment aux frontières avec le Tchad et le Cameroun.

La Mission a réaffirmé « sa détermination à faire régner la stabilité et la sécurité en Centrafrique et à protéger la liberté de mouvement des communautés ». Elle a ajouté qu’elle restait disposée à apporter « tout l’appui nécessaire afin de mener des enquêtes visant à identifier les instigateurs des troubles qui devront répondre de leurs actes devant la justice ».

Le Coordonnateur de l'action humanitaire par intérim, Dr Michel Yao, et toute la communauté humanitaire en République centrafricaine (RCA) ont pour leurs part également condamné la recrudescence de violence contre la population civile à Ngaoundaye.

Ils appellent toutes les parties à respecter le droit international humanitaire, à protéger les civiles et à veiller à ce que ces derniers puissent se relocaliser sans danger vers les zones où leur sécurité est assurée.

Des nombreuses personnes ont été tuées, d'autres blessées, des maisons brûlées et des biens pillés, suite à l'escalade de violence dans la ville de Ngaoundaye, le 15 juin dernier.

« Je condamne fermement les attaques qui ont causé des morts et des blessés parmi les civils. Je rappelle a toutes les parties impliquées que les attaques visant délibérément les populations civiles sont un crime de guerre. Les civils doivent être respectés et ne devraient pas être ciblés », a déclaré le Dr Yao.

Cette nouvelle spirale de violence a probablement causé des besoins humanitaires supplémentaires en RCA et l’insécurité grandissante rend le travail des acteurs humanitaires encore plus difficile.

En dépit des nombreux défis, les travailleurs humanitaires se sont engagés à fournir une assistance d'urgence à tous ceux qui sont dans le besoin.

L’accès humanitaire en RCA continue d’être entravé par la persistance de l’insécurité et des attaques violentes. En mai 2016, 49 incidents d'accès ont été enregistrés et un sur quatre visait des travailleurs humanitaires. Le nombre des incidents en avril était de 41. L'augmentation du nombre d’incidents contre les organisations humanitaires a entraîné la suspension d'activités dans certaines régions du pays.

«Il est obligatoire que les lois et les conventions internationales soient respectées et que toutes les parties prennent des mesures immédiates et s'engagent à respecter l’espace humanitaire et garantir les droits de la population civile de la RCA. Nous devons mettre fin à toute ces souffrances qui sont inacceptables, » a ajouté le Dr Yao.

Jusqu'à ce nouvel épisode de violence, le nombre des déplacées internes en RCA était estimé à 415 000 personnes, tandis que près de 467 000 personnes sont toujours réfugiées dans les pays voisins.

 

 

 

(Extrait sonore : Michel Yao, Coordonnateur de l'action humanitaire de l'ONU en République centrafricaine; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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20/10/2017
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