Burundi : l'ONU préoccupée par l'arrestation et l'expulsion d'élèves

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Un écolier au Burundi (archive) © UNICEF Burundi/Y.Nijimbere

L’UNICEF est profondément préoccupé par les arrestations, les expulsions des écoles et les blessures affligées aux enfants au Burundi. Dans deux incidents distincts, plus de 300 enfants ont été expulsés de leurs écoles à Ruziba en fin mai alors que d'autres élèves ont été arrêtés et blessés par des tirs lors de manifestations.


Le dernier incident a eu lieu vendredi dernier dans trois lycées et collèges de la Commune de Muramvya. Des élèves âgés de 14 à 17 ans ont été incarcérés lors de manifestation contre l'arrestation de leurs camarades. Deux personnes auraient été blessées par balles et l'un de ces élèves reçoit toujours des soins médicaux. 


Le premier épisode a commencé les 26 et 27 mai dernier. Selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance, plus de 334 collégiens de Ruziba, dans la périphérie sud de la capitale Bujumbura, avaient été renvoyés de leur école pour avoir endommagé des ouvrages scolaires. Dans certains livres, les yeux du président ont été troués. Dans d’autres, sa photo a été gribouillée, ou des propos y ont été inscrits. Dans tous les cas, malgré l'émoi causé par ces arrestations et la décision des autorités d'inviter ces enfants à revenir à l’école, beaucoup d'entre eux ont préféré jusqu'ici resté chez eux.
 


Face à cette situation, l'UNICEF rappelle sa présence sur le terrain. Objectif pour l'agence onusienne et ses partenaires, suivre de très près le sort de ces enfants qui ont été arrêtés et blessés.
A cet égard, l'UNICEF s'inquiète du sort des élèves arrêtés surtout avec la période des examens scolaires. « Tous les enfants du Burundi ont le droit de poursuivre leurs études et d'assister à leurs examens dans un environnement neutre, sûr et protecteur. Les écoles devraient être respectés en tant que zones de paix et un refuge pour les enfants », fait remarquer le Fonds.
 


Sur un autre plan, l'UNICEF rappelle que 300 enfants ont été arbitrairement détenus dans les geôles burundaises et certains partagent même la prison avec des adultes.  Grâce aux efforts de l'UNICEF, 134 enfants ont pu être libérés. Par ailleurs, l’UNICEF et ses partenaires ont permis le transfert de 60 garçons détenus dans des prisons pour adultes vers les centres de rééducation pour enfants à Rumonge et Ruyigi. De plus, 31 enfants accusés l'année dernière de participation à des groupes armés ont complété un programme de formation professionnelle de 3 mois et ont reçu des kits pour faciliter leur réinsertion sociale.
 


Selon le dernier bulletin d'information du Bureau de l'ONU chargé de la coordination humanitaire daté du 3 juin, plus de 4,6 millions de personnes sont en insécurité alimentaire au Burundi, soit un million de personnes en plus comparé à février 2016.
 

 


Concernant les mouvements de population, il y a désormais plus de 100.000 déplacés internes (soit une augmentation de 18% par rapport à février dernier) et plus de 265.000 Burundais se sont réfugiés dans les pays limitrophes, notamment en Tanzanie, au Rwanda ou en République démocratique du Congo. 


(Interview : Christophe Boulierac, porte-parole de l'UNICEF à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)
 

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16/10/2017
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