Briser le silence pour les victimes de violence sexuelle dans les conflits

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Deux jeunes filles yémenites à Aden, au Yémen. Photo HCR/P. Rubio Larrauri

La honte et l'ostracisme auxquels se heurtent les victimes de violences sexuelles en temps de guerre devraient être redirigés vers les auteurs de ces terribles violences. Tel est en substance le message adressé par le Secrétaire général de l’ONU à l'occasion de la première Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, observée ce dimanche 19 juin.

Dans ce texte, Ban Ki-moon exhorte à briser le silence, pour ces femmes, ces filles, ces hommes et ces garçons, qui sont considérés depuis trop longtemps comme des butins de guerre.

Le Secrétaire général déplore le « nombre effroyable d'actes de violence sexuelle commis en temps de guerre.». Il souligne qu'aucune région n'échappe à ce fléau.

Or, pour le patron de l'ONU, « il est largement admis que les violences sexuelles constituent une stratégie visant délibérément à détruire le tissu social, à contrôler les populations, à les intimider et à les obliger à fuir. »

Ban Ki-moon juge extrêmement troublante l'utilisation de la violence sexuelle comme tactique de terrorisme. Il souligne que Daech, Boko Haram et d'autres groupes extrémistes recourent aux violences sexuelles pour attirer et retenir les combattants, ainsi que pour dégager des revenus. Comme exemples douloureux, le Secrétaire général rappelle l'enlèvement de plus de 200 filles à Chibok au Nigéria et le drame des femmes et des filles que des groupes extrémistes au Moyen-Orient marient de force ou transforment en esclaves sexuelles.

Tout en notant que des progrès manifestes ont été réalisés dans la lutte contre ces crimes et en évoquant les procès historiques contre des dirigeants politiques et militaires, auteurs ou instigateurs de tels crimes, Ban Ki-moon plaide pour la libération immédiate de toutes les personnes retenues en captivité. Il préconise également une véritable prise en charge des victimes qui, une fois rentrées chez elles, risquent de souffrir d'isolement social et de dépression.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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08/12/2017
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