Ban Ki-moon salue le ‘tournant’ humanitaire pris lors du Sommet d’Istanbul, en avril dernier

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Un peu moins d’un mois après la tenue du Sommet humanitaire mondial de l’ONU à Istanbul, en Turquie, le Secrétaire général de l’Organisation, Ban Ki-moon, a fait le point mardi sur les engagements pris à cette occasion, notamment pour garantir une affectation plus souple des fonds humanitaires et la participation accrue des personnes touchées aux décisions.

Dans un point de vue publié mardi par le quotidien britannique The Guardian, le Secrétaire général est revenu sur le triple engagement, pris les 23 et 24 avril derniers dans la ville turque, par les quelques 9.000 participants au premier Sommet humanitaire mondial jamais organisé par les Nations Unies.

« [Ils] ont pris un triple engagement envers les populations touchées par des crises partout dans le monde : améliorer les secours portés aux victimes de catastrophes naturelles et de conflits ; leur donner les moyens de prendre en mains leur propre relèvement ; et faire preuve d’une plus grande volonté politique pour prévenir les guerres, qui engendrent tant de souffrances, et y mettre fin », a indiqué M. Ban.

Il a rappelé que les besoins humanitaires étaient sans précédent dans le monde actuel, où 130 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire et environ 60 millions ont été déplacées de force. Selon le chef de l’ONU, ces difficultés sont telles qu’il a fallu imaginer un sommet d’un type différent à Istanbul.

« Pour la première fois, des personnes touchées par des crises ont œuvré aux côtés de dirigeants de tous les pays, de responsables d’organisations non gouvernementales, de représentants de la société civile et du secteur privé afin de trouver des solutions. Une telle diversité de représentation constitue déjà une réussite en soi », a-t-il dit.

Au titre des engagements pris lors du Sommet, le chef de l’ONU a cité la « grande entente » conclue entre 30 bailleurs de fonds et organismes d’aide majeurs, qui devrait se traduire par une réduction des coûts de gestion, une affectation plus souple des fonds et la participation des personnes touchées aux décisions qui vont avoir une incidence sur leurs vies.

Il a aussi mentionné le fait que 27 organisations non gouvernementales internationales, en adhérant à la nouvelle charte ‘Charter4Change’, se sont engagées à reverser un cinquième de leurs fonds à des organisations nationales, répondant ainsi aux nombreux appels en faveur du renforcement de la prise de décisions et du financement au plan local.

Des donateurs se sont par ailleurs engagés à verser des fonds supplémentaires destinés à assurer la protection des femmes et des filles contre la violence sexiste et à faire en sorte que des millions d’enfants touchés par une crise puissent poursuivre leur éducation, répondant ainsi à l’une des priorités les plus urgentes pour les réfugiés et les déplacés partout dans le monde.

« Maintenant, l’heure est venue de passer des engagements à l’action », a déclaré M. Ban, précisant qu’il ferait un rapport à l’Assemblée générale de l’ONU en fin d’année pour envisager la façon de faire avancer les engagements pris à Istanbul.

« Le Sommet humanitaire mondial n’a pas été un aboutissement mais plutôt un tournant », a-t-il conclu, invitant les organisations de la société civile présentes à Istanbul à participer activement au suivi des engagements pris par les États.

 

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

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17/10/2017
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