Ban Ki-moon dénonce la pression politique exercée sur l'ONU

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Ban Ki-moon (Photo : ONU)

« J'ai dû prendre une décision afin de permettre à l'ensemble des opérations des Nations Unies, surtout humanitaires, de continuer », a expliqué le Secrétaire général des Nations Unies jeudi, lors d'un point de presse au Siège de l'ONU à New York, se référant à sa décision de retirer temporairement les pays de la coalition menée par l'Arabie Saoudite au Yémen de l’Annexe 1, denomée « liste de la honte », du récent Rapport sur les enfants et les conflits armés.

Après avoir fait le point sur la crise en Syrie et annoncé son voyage « de solidarité » auprès de réfugiés à Lesbos (Grèce) la semaine prochaine, Ban Ki-moon est revenu sur cette décision affirmant que c'était l'une des plus difficiles qu'il ait prise durant son mandat de Secrétaire général.

«Le rapport décrit des horreurs auxquelles aucun enfant ne devrait avoir à faire face. En même temps, je devais aussi prendre en compte le fait que des millions d'autres enfants pourraient souffrir énormément si, comme cela m'a été suggéré, la coalition et d'autres pays retiraient les fonds des programmes humanitaires de l'ONU» a précisé le chef de l'ONU, ajoutant qu'il comprenait parfaitement les critiques qui lui avaient été dirigées pour cette décision.

Ban Ki-moon a toutefois souligné qu'il maintenait le contenu du rapport.

« Nous évaluerons les plaintes qui ont été faites, mais le contenu ne changera pas » a-t-il précisé.

Pour le Chef de l'ONU cet épisode compte parmi les nombreux défis politiques auxquels est confrontée l'Organisation internationale.

« Lorsque les Casques bleus sont attaqués physiquement, ils méritent un soutien appuyé de la part du Conseil de sécurité. Lorsque des membres du personnel de l’ONU sont déclarés persona non grata tout simplement pour avoir effectué leur travail, ils devraient pouvoir compter sur le soutien ferme des États membres. Et quand les rapports des Nations Unies viennent sous le feu pour avoir soulevé des questions difficiles ou documenté lds violations du droit ou des droits humains, les États membres devraient défendre les mécanismes et les mandats qu’ils ont eux-mêmes établis » a-t-il affirmé.

Le Secrétaire général Ban Ki-moon a déclaré qu'il comptait sur les États membres pour qu'ils travaillent de manière constructive et maintiennent leur engagement à la cause de l'Organisation, a mesure que le Secrétariat poursuivait les travaux qui lui est confié.

A l'issue de l'intervention du Secrétaire général, le représentant permanent de l'Arabie saoudite a fait une déclaration à la presse et répnodu aux questions des journalistes.

Le Secrétaire général doit se réunir prochainement avec l’Arabie Saoudite pour discuter des méthodes de présentation des rapports de l'ONU.

A noter aussi que l’Annex 1 du rapport sur enfants et les conflits armés liste “parties recrutant, utilisant, tuant, mutilant ou enlevant des enfants, les violant ou commettant d'autres formes de violences sexuelles à leur encontre, ou attaquant des écoles ou des hôpitaux dans des situations de conflit armé dont le Conseil de sécurité est saisi “.

 

(Extrait sonore : Ban Ki-moon, Secrétaire Général des Nations Unies)

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23/10/2017
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